0

Remothered tormented Fathers

Deep RedClcok towerRemothered: Tormented Fathers est un jeu développé par le studio italien indépendant Stormind Games et édité le 30 janvier 2018 par Darril Arts. Disponible sur Steam, sur Playstation 4, sur Xbox One et récemment sur Nintendo Switch. Le titre est par ailleurs le premier opus d’une trilogie qui suivra très justement un paradigme sanglant inspiré indirectement de Dario Argento. Fils spirituel de la saga Clock Tower, le développement de Remothered: Tormented Fathers a donc été influencé par le film Deep Red et Suspiria.

>> Attention ce test est la 1ere édition des tests analyse ou test autopsie <<

Ce test a été réalisé d’après une licence acquise. 

Rosemary ReedRemothered: Tormented Fathers

Flash-back : Vous êtes dans les années 1970, dans la peau de Rosemary Reed qui mène une investigation quand elle rend visite chez un certain monsieur Felton. Ce notaire retiré du monde souffre d’un mal indéterminé. Dans un premier temps Rosemary est accueillie par Gloria, l’infirmière de monsieur Felton. Notre jeune héroïne de 35 ans avoue son enquête sur la disparation de Celeste, la fille du propriétaire des lieux, et devient soudainement la cible d’un tueur en série mystérieux. Une chose est certaine, Monsieur Felton et sa femme Arianna savent quelque chose à propos de leur enfant adoptive et également concernant une étrange secte religieuse cachée.

Tueur

Remothered: Tormented Fathers, le cycle de la hantise paradoxale (analyse du passé)

Remothered: Tormented Fathers

Remothered: Tormented Fathers

Dans un premier temps concernant le titre du jeu est en soit une énigme : REM (rapid eye movement) en anglais signifiant littéralement mouvement oculaire rapide (MOR en français) en neurologie est en effet un phénomène symptomatique  du sommeil paradoxal. (période pendant laquelle le sujet rêve et se souvient du contenu onirique de ses nuits). Par conséquent peut-on déduire qu’à travers ce symbolisme latent, le titre serait un cauchemar lucide ? Ou alors s’agit-il de Rosemary Reed qui vit sa mort encore et encore  ? L’héroïne à double sens du mot serait-elle sous l’influence de quelque stupéfiant ou bien dans un véritable état de psychose onirique selon un traumatisme crânien ? Voici quelques premières interrogations intéressantes puisque madame Reed perd connaissance dans le grenier quand elle est subitement attaquée par une femme.

Dans un second temps vous remarquerez que durant les longs moments de chargement, le métronome apparaît en bas à droite de l’écran, outil utilisé en hypnose par induction. Les développeurs cherchent-ils  à vous détendre, à dissocier l’esprit de votre corps et à finalement accéder à votre partie subconsciente ? ce petit message glissé sous vos battements de paupières révèle surtout un symbolisme évident de l’état d’inconscience de votre personnage. C’est pourquoi on se demande si Rosemary est hypnotisée ou si elle est réellement en train de rêver. Cette figure emblématique est épithète des œuvres d’horreur psychologique. L’anagogie de Rosemary Reed va être noyée dans la noirceur la plus totale :  or, cette opposition est délibérée de ce terme ascétique et contemplatif. Selon les termes de Rosemary : “C’est peut-être la fin de tout et peut-être sommes-nous déjà morts… et aucun de nous ne le sait”, on retrouve dans ces paroles le lien évident avec ce qui précède.

filletteporteDans un dernier temps,  vous aurez remarqué que les points de sauvegarde sont des miroirs (un petit clin d’œil à The Evil Wihtin): le symbole du miroir est relatif au rêve.  Alors de quel côté du miroir vous trouvez vous ? N’oubliez pas que l’autre côté est une réalité où tout est inversé,  un univers antagonique ou tout simplement les liens entre le passé (1970) et le présent. Le fond rejoint finalement la forme puisque l’une des caractéristiques du jeu sont des indices sonores mettant vous ouïe en éveil. En clair, veillez à jouer avec le son, voire même avec un casque audio, c’est encore mieux !

Au delà de la transe fugitive (analyse du système de jeu)

None rouge

Remothered: Tormented Fathers

Dans ce jeu vous n’avez que deux choix : vous cacher ou fuir car les ennemis à votre poursuite appelés les harceleurs ne peuvent pas être tués et vous disposerez d’aucune d’arme pour vous aider. Les jeux de lumières  sont raffinés, ils peuvent harmonieusement mettre en avant le travail méticuleux effectué sur les décors (par exemple, un tableau) ou des personnages. Le gameplay est tout fait quant à lui classique rappelant un peu les systèmes de jeux des années 1990 à 2000. Dans l’oeuvre vidéo ludique Haunting Ground sorti en 1999 sur Playstation 2,  vous deviez résoudre des énigmes pour trouver un abri afin d’éviter toute psychose. En effet en étant plus malin que vos poursuivants d’une part, vous deviez d’autre part gérer votre jauge de peur : un processus qui pouvait entre autre gravement handicaper votre vue ou encore tout simplement vous faire trébucher si votre barre était pleine.

La volonté d’un soucis de réalisme a été suffisamment mis en scène par son directeur Chris Darril qui nous a voulu sans doute nous offrir une expérience complète et complexe à la fois. On retrouve d’ailleurs cette précision dans par exemple, la résolution des énigmes ou encore le fait que vous ne disposez pas de points de vie. Ce labeur de forme couplé avec la détection sonore des ennemis comme labeur de fond ont un effet direct sur le joueur : le déroulement de votre partie nécessite comme dit précédemment une écoute audio attentive.

infiltration

Remothered: Tormented Fathers

Remothered: Tormented Fathers nous plonge donc dans un univers sombre et poétiquement noir avec une vue objective à la troisième personne quoi ne peut laisser indifférent. Remothered : Broken Porcelain sera par ailleurs la suite du premier opus et devrait si tout va bien, être édité sur les mêmes plateformes (PC, Xbox One, Playstation 4 et Nintendo Switch). Ce sera l’occasion du retour de Rosemary Reed et de Celeste Felton sous le nom de Jennifer.  L’histoire devrait prendre place dans le pensionnat Ashmann où Jennifer découvrent une liste de phénomènes inexplicables liés aux résidents des lieux. En parallèle, Rosemary qui a lamentablement échouée afin de retrouver Celeste Felton rencontre la propriétaire de l’auberge, complètement défigurée.

Remothered: Tormented Fathers, entre le rouge et le noir (analyse des sources d’inspirations)

AlessaRemothered: Tormented FathersParmi les hommages, nous ferons tout d’abord une analyse poussée des personnages un à un.  Débutons par le personnage principal, Rosemary Reed qui tient son prénom du film de Roman Polanski, Rosemary’s Baby. Physiquement la jeune femme de 35 ans pourrait être la jumelle de l’agent spécial Clarisse Starling dans le Silence des Agneaux. La similitude avec Clarisse n’est uniquement que corporelle elle est aussi psychologique. En effet selon un extrait du site Fandom wiiki Remothered, les deux femmes présentent un point commun concernant leur passé : Toutes les deux renient leur histoire sans doute liée à un ou des traumatismes durant leur enfance. De leurs aspects caractériels on peut souligner la parfaite ressemblance entre les deux : (toujours selon le site cité ci dessus) elles éprouvent une sorte de vide tacite qui provoquent en elle mélancolie et cauchemars.

Le vieux Richard Felton peut être apparenté à Richard Trager dans Outlast d’un point de vue physique et vestimentaire. Côté psychologique on peut ainsi rapprocher la multiple personnalité de Felton avec Norman Bates (Anthony Perkins) dans Psychose de Alfred Hitchcock. Dans les cas, à première vue ces personnes ont l’air innocentes et sympathiques mais ils sont en réalité des mister Jekyll déguisés en tueurs et ont eu un amour inconditionnel pour leur mère respective.

Remothered: Tormented FathersRemothered: Tormented FathersPar rapport à la fille Felton, Celeste, celle ci coïncide avec Cheryl Mason dans Silent Hill. Les deux petites filles ont été adoptées, mais les apparences s’arrêtent là. Toujours dans la même saga, Alessa Gillespie et Celeste Felton sont davantage semblables. Elles ont approximativement le même âge, ont eu un vécu en rapport la religion et les sectes, et enfin elles sont suivies de prêt par des dévotes et ont été victimes d’enlèvement. On peut au bout d’un moment se demander quelle est la frontière fixée entre les influences, les hommages et tout bonnement le plagiat.

Conclusion : pleure moi une rivière

Remothered: Tormented Fathers

RosemaryCe huis-clos est avant tout le paradigme de la survie. Remothered: Tormented Fathers a été élaboré d’une telle manière que chaque détail a été soigneusement placé selon un schéma logique. Cet opus a le mérite de se prévaloir comme un chef-d’oeuvre réussi du genre horreur psychologique. Le travail est bien évidemment excellent pour un studio indépendant. 

Cependant malgré ces fascinants points vidéo-ludiques, le titre n’est pas sans défaut. En effet, graphiquement parlant, l’esthétique des personnages présente d’une part des anomalies au niveau des animations et d’autre part un soucis de modélisation évident au niveau des détails corporels tels les yeux, les cheveux ou encore le visage en général. Nous recommandons tout de même cette expérience psychologique visuelle et sonore d’une profondeur rare. Notez que la suite sortira en 2020 intitulée Remothered : Broken Porcelain avec la collaboration de Maximum Games, PlayStation 4, Xbox One, PC et Nintendo Switch.

7.0

Author's rating

Overall rating

Graphismes
7.0
Ambiance sonore
9.0
Gameplay
5.0
Scénario
7.0
Note Globale
7.0
The good
  • De nombreuses références cinématographiques (Notamment Dario Argento)
  • Des clins d’œil à certains titres de survival horror (Evil Within, Resident Evil, Outlast, etc).
  • Des décors somptueux
  • Une ambiance oppressante notamment avec la bande sonore signée Nobuko Toda et Luca Balboni
  • Un scénario basique au départ, bien ficelé dans la seconde phase de jeu
  • Des sources d'inspirations variées (Clock Tower et Haunting Ground)
  • Un réel travail de profondeur sur la psychologie horrifique
  • Un pléthore de symboles subjacents
The bad
  • Glitches graphiques sur l'animation des protagonistes
  • Une impression de latence assez lourde : un walking simulator
  • Un léger décalage avec l'interaction des objets
  • Quelques bugs mineures
  • L'impossibilité de modifier les touches de commandes clavier (jouez en qwerty)
  • Le rapport durée de vie/prix
(Visited 65 times, 1 visits today)
About author
Avatar

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

Your email address will not be published. Required fields are marked *