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Layers of Fear 2Layers of Fear 2 : Vous avez été invité par un mystérieux réalisateur à venir jouer le rôle principal dans un film dont le tournage a lieu sur un navire transatlantique. Vous découvrirez par la suite que ce mystérieux réalisateur ne souhaite pas que vous jouiez un personnage créer de toute pièce, mais plutôt le « personnage que vous êtes » avec son passé troublé et ses choix de vie.

Layers of Fear 2

Layer of Fear 2

Moteur ! Action !

Développé par le studio polonais Bloober Team, et édité par Gun Media, ce jeu est la suite spirituelle du premier Layers of Fear sorti en 2016, mais prend pour cadre un nouvel environnement, un nouveau scénario et de nouveaux personnages. Le gameplay est quant à lui assez similaire au première opus. On retrouve ici tous les éléments qui caractérisent le style « couloir narratif » popularisé par les jeux du studio Frictional Games. C’est un style de jeu avec beaucoup d’éléments et d’événements scriptés, un peu comme dans une maison hantée qui se traverserait à pied, mais qui font appel, dans la série des Layers of Fear, aux peurs psychologiques et à « l’inquiétante étrangeté » source d’hallucinations cauchemardesques. Il y a toujours un hub central : la cabine de James Burns (c’est comme ça que s’appelle nôtre vedette de cinéma) d’où l’on part dans les différents actes, symbolisés ici par des court-métrages psychédéliques en 35 mm. La cabine de James varie après chaque fin d’acte comme l’atelier du peintre dans le premier volet ; ce qui donne un sentiment d’évolution dans le combat intérieur de notre protagoniste.

Par contre, il y a des nouveautés plutôt bienvenues qui rajoutent de nouvelles dimensions à la peur proposé dans LoF 2. Maintenant, à l’instar d’un Amnesia, ou d’un Soma, nous nous faisons souvent pourchasser par une ombre cauchemardesque. On peut mourir et il y a donc maintenant un game over qui rajoute un petit challenge supplémentaire.

 

Layers of fear 2

Ça tourne !

Les différents actes de cette descente cauchemardesque dans les troubles psychologiques de notre vedette sont variés. L’acte 3 propose par exemple un ingénieux parcours cyclique à travers une maison délabrée qui est mis en parallèle avec la projection d’un film, à progression linéaire.

Les graphismes sont beaux et souvent en noir et blanc comme les vieux films. Le décor est bien sûr lui aussi inspiré par le cinéma, thématique principale du jeu. On se déplace dans des grands décors de studio hollywoodien plongés dans l’obscurité et hantés par des mannequins qui prennent vie dans des mises en scène macabres, dignes des grands succès de l’épouvante pré-numérique où les effets spéciaux étaient des trucages, provenant pour la plupart d’un héritage théâtral.

En effet, d’abord teaser comme « projet Méliès », LoF 2 nous propose moult références cinématographiques. Un hommage est évidemment rendu à Georges Méliès le plus grand prestidigitateur du cinéma à qui l’on doit les premiers court-métrages mettant en scène des créatures infernales et cauchemardesque ; et évidemment le chef-d’œuvre de science-fiction : Le Voyage dans la Lune dont une séquence du jeu rend hommage avec beaucoup d’émotions.

Pour notre plus grand plaisir, d’autres grand noms du cinéma sont mis à l’honneur par les développeurs : Stanley Kubrick, Tod Browning, Victor Fleming, Michael Curtiz, Alfred Hitchcock, et bien d’autres encore. Libre à vous de trouver toutes les références au 7e  Art cachés tout au long du périple.

 

Georges Mélès

Et coupez !

L’histoire est plutôt difficile à suivre dans cet opus. Si le récit du passé de James est relativement facile à saisir, la trame et la finalité de cette quête intérieur risquent de vous perdre. En effet, les thématiques abordées sont un peu plus abstraites que dans le premier car faisant appel aux théories de mise en scène au cinéma et d’interprétation de rôle, et bien sûr à la psychanalyse. Le new game +  est d’ailleurs ici bienvenue pour refaire les différents actes à l’envie et comprendre toutes les ficelles du scénario, mais aussi pour découvrir tous les secrets du jeu (et oui, il y a beaucoup de collectibles et d’Easter Eggs à choper).  Les troubles psychiques de James sont basés sur un trauma d’enfant qui a pour origine un drame familial et qui se manifeste sous formes d’hallucinations cauchemardesques (comme pour la série des Silent Hill notamment). En somme, ce que nous propose ce LoF 2 est un sombre et macabre drame psycho-fantastique. Enfin plusieurs fins sont à découvrir, comme dans tout bon survival horror, et sont plus évidentes à déceler que dans le premier. Etant ouvertes, elles laissent libre court à notre analyse de l’oeuvre et à notre imagination.

Avec son ambiance macabre et mélancolique, Layers of Fear 2 vous prendra aux tripes. Le gameplay se renouvelle certes un petit peu mais enrichi l’expérience Layers of Fear avec ce qui se fait de mieux dans ce type de jeu.

Sinon l’histoire reste aussi passionnante à suivre, quoique un peu difficile à comprendre. Mais des jeux avec un scénario ouvert et riche en interprétation sont plutôt rares pour pouvoir se permettre de les bouder. Enfin, la bande originale du jeu est toujours aussi soignée. Plus planante et ambiante que dans le premier LoF, mais l’on prend plaisir à entendre à nouveau la voix mélancolique et plaintive de Penelopa Willman-Szynalik sur certains morceaux. 

7.5

Author's rating

Overall rating

Ambiance
9.0
Gameplay
7.0
Histoire
6.5
Sound & Screen
8.0
Note Globale
7.5
The good
  • une ambiance angoissante
  • les références cinématographiques
  • une musique de qualité
  • une histoire intrigante
The bad
  • ...mais difficile à comprendre
  • mélodies un peu moins marquantes
  • les sauvegardes autos
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About author
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Loualoup Laurent

Je m'appelle Laurent et j'ai 29 ans. Je suis passionné par le fantastique asiatique depuis que j'ai découvert The Grudge de Takashi Shimizu au cinéma en 2005. Plus particulièrement, je fais beaucoup de recherche sur le Kaidan Eiga, ou film de fantôme japonais. J'ai une licence de Japonais et j'ai réalisé un échange universitaire à l'Université des Langues Etrangères de Nagoya. Là-bas j'ai eu l'occasion d'interviewer, pour le journal de l'université, Takenori Sentô qui était un des producteurs du film Ring de Hideo Nakata. Mon intérèt pour l'épouvante-horreur s'étend aussi au cinéma occidental et bien sûr aux jeux vidéo : j'ai fais beaucoup de Survival Horror mais je suis particulièrement attiré par les jeux d'horreur psychologique comme la série des Silent Hill ou Project Zéro.

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