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Death stranding

SamDS apocalypseDeath Stranding est un simulateur de marche axé Action/Aventure conçu par le célébrissime Hideo Kojima et son équipe. L’oeuvre est tout d’abord parue sur Playstation 4 le 8 novembre 2019 puis a été porté sur PC (Steam) le 14 Juillet 2020. Edité par 505 Games, ce test sera avant tout basé sur le portage PC.  

Hideo Kojima porte le masque du “Mozart” de l’art vidéoludique horrifique. Sa personnalité est centrée sur plusieurs formes de passions qui tournent autour des thématiques Cinéma, Manga et jeux vidéo.  Death Stranding est le fruit de plusieurs années de développement, sa bande annonce initiale ayant été présentée la première fois à l’E3, le 13 juin 2016.

BridgesSamKojima avait un projet nommé Silent Hills ou Silent Hill P.T. dont la démo présentée sous Playstation 4 a finalement avorté : Bien que l’exemplaire a connu un vif intérêt parmi la communauté des fans et a conquis un nouveau public, Kojima quitte Konami aux alentours du 19 mars 2015. Son oeuvre annulée donnera naissance à un nouveau genre de jeux à la première personne, les “Silent Hill P.T. like”. Son studio de conception des jeux fut créé officiellement le 16 décembre 2015. Hideo devait déjà avoir son projet en tête en partie défini dans les grandes lignes pour présenter le trailer originel même pas une année plus tard. Death stranding est l’opus initiateur du studio.

Ce test a été réalisé d’après une Licence (Edition standard comprenant OST + Art book) offerte par l’éditeur.  

Introduction : Le début de l’aventure

Death StrandingAmourL’histoire se déroule dans un futur imminent sur la Terre, plus précisément parmi les Etats-Unis décimés. Une catastrophe de grande ampleur a eu lieu qui trouve son origine dans un accident paranormal :  appelé le “Death Stranding”, le bouleversent a supprimé toutes les frontières entre la dimension des morts et des vivants. Des fantômes errent par conséquent en ces lieux dévastés et abandonnés. Leur nom est les “Échoués”. Une pluie incessante coule des larmes du ciel, définitivement en deuil et possède une forme de malédiction, celle de vieillir tout ce qu’elle semble toucher.

Par chance, certains survivants ont pu développer une capacité de détection de ces êtres grâce à un ressenti vécu comparable à un augure funèbre. C’est le cas d’un certain Samual Porter Bridges qui est comme son nom l’indique, transporteur de marchandises pour le compte de la société Bridges. Les rescapés de cette apocalypse vivent à présent dans des sortes de villes relais et dans des bunkers. Peu de temps après votre première livraison dans le jeu, un employé vous demandera d’emporter la dépouille d’un suicidé vers un incinérateur en vous remettant un fœtus (un BB ou Bébé de Bridges), une technologie naissante qui vous donnera une longueur d’avance sur l’apparition des Échoués.  Votre objectif vous permet dès cet instant de parcourir des longues distances.

Le jeu est long : il est composé de 15 épisodes, et chacun d’entre eux peut prendre plusieurs heures pour être complété à 100%. Notez que le niveau de difficulté par défaut dans toute nouvelle partie est réglé sur facile.

Death Stranding, Livrer à temps ou mourir

Death StrandingDeath StrandingVotre principale tâche tout au long du jeu est de porter des charges plus ou moins massives dont vous allez devoir en mesurer l’équilibre entre la gauche et la droite.  Au fil de l’avancement dans l’histoire, plus précisément à partir du moment où vous quittez l’incinérateur, vous allez faire connaissance avec les Échoués.  Vous disposez de certains outils, que ce soit vos menottes avec une carte intégrée du terrain et le point d’arrivée à atteindre ou bien encore de certaines astuces comme retenir votre respiration. Face à vos assaillants, votre meilleure tactique de survie, c’est tout simplement la défense mais également la prudence. Notez au passage qu’il est impossible de sauvegarder lorsque vous êtes proche d’un point de danger. Il est à souligner qu’à tout moment vous pouvez scanner le terrain car vos ennemis sont invisibles. Après chaque mission accomplie vous allez voir une fenêtre apparaître sur votre écran composé de diverses statistiques : des points vous seront attribués par exemple en fonction du temps passé pendant votre objectif ou encore si votre marchandise livrée est endommagée ou non.

A partir de l’épisode 2 : Amélie, votre but va drastiquement évoluer. En effet, vous devrez reconnecter le monde, c’est à dire rebrancher des réseaux de câbles entre les villes relais grâce à un collier de plaques de Chiralium. A savoir que comme expliqué dans les cinématiques et nombreux dialogues, le Chirale est une substance toxique pour les humains qui ne possèdent pas le DOOMS. Concernant votre vitesse de déplacement, elle sera bien sûr déterminée par plusieurs paramètres comme le pourcentage disponible dans votre jauge d’endurance mais aussi par rapport au poids supporté pendant le trajet. De plus, il ne faut pas oublier que la prise en main du gameplay est tout sauf intuitive. Il existe de nombreuses attributions de touches de clavier sachant qu’elles sont toutes configurables. Pendant un transport vous pouvez marcher, courir lentement ou vite (ceci consomme votre endurance).

Death StrandingDeath StrandingVous l’aurez compris tout l’intérêt du jeu repose très justement sur son côté dominant : la simulation de marche. La conception même du jeu a dû être orientée dans la finalité de mêler la contemplation du paysage et les diverses possibilités mises à votre disposition et débloquées au fil du temps. Death Stranding se démarque cependant en plusieurs points qui sont surtout des avantages. Toutefois le caractère du héros, Samual est très réticent aux différentes missions qu’on lui propose. A propos de ces fameuses notifications qui font du jeu une oeuvre unique en son genre,  sont notamment le fait déjà que le titre soit à monde ouvert, mais aussi le fait d’avoir par exemple des indications sonores pendant une balade lorsque  par exemple, vous quittez  une zone sécurisée avec l’arrêt d’une radio musicale. Ce genre d’alarmes n’est pas sans rappeler les radios qui s’allument et se brouillent à l’approche d’ennemis dans la saga des Silent Hill.

Après la naissance vient l’existence

Death strandingSamA partir du chapitre 2 dans les dernières quêtes attribuées, votre rôle devient plus intéressant. Vous entrez dans la phase action de Death Stranding. Vous allez enfin pouvoir posséder cette fois ci des moyens d’attaques. En effet, précédemment, les seules périodes courtes de combat étaient soit de repousser les échoués, soit de se battre à mains nues. Un autre aspect important nouveau : l’utilisation de la moto débloquée avec la possibilité de fabriquer un générateur. A noter ici une petite astuce qui n’est hélas pas mise en avant dans le jeu, celle de pouvoir charger quelques caisses sur votre véhicule. Attention au moment de la livraison, il est pratique de savoir que vous devrez charger sur vous même les marchandises demandées.  Si la moto subit des dégâts, il vous suffira de l’amener à l’intérieur des villes relais et depuis le terminal, d’aller dans votre chambre privée. Par conséquent, votre véhicule sera immédiatement placé dans le garage. Maintenant le fait de pouvoir se décharger d’une certaine masse vous permet bien évidement d’accepter plusieurs commandes simultanées.

En continuant sur la logique de la moto, celle-ci est un des petits défauts du jeu qui peut agacer rapidement le joueur. D’une part on doit en effet refaire une attribution des touches directionnelles (qui sont par défaut en clavier US) et d’autre part, la conduite du véhicule est insupportable à manier. La bécane futuriste aurait pu bénéficier d’une manipulation plus intuitive et simplifiée.

Death strandingterminalEn outre, l’interface n’est vraiment pas évidente, elle est trop complexe et il faut parfois deviner les symboles affichés dans les astuces mises en évidence. Certaines bonnes habitudes à prendre ne sont pas “conformes” aux attributions de touches standards dans la plupart des jeux vidéo. Par conséquent il vous faudra être patient et vigilent et à chaque étape vérifier que par exemple, vous avez récupérer toutes les marchandises d’une commande donnée. Dernier détail qui peut irriter : des petites animations frivoles lorsque vous finissez une livraison ou pire encore, lorsque vous êtes en plein combat contre les Échoués, et que votre outil de détection génère une courte séquence de quelques secondes. Ceci apporte une côté surfait.

Death Stranding, le purgatoire

bossFragile A partir de l’épisode 3 : Fragile, vous avez combattu le premier boss. Plusieurs catégories de bombes furent à votre disposition ; celles émanant de vos excréments et de votre urine, celles de vos douches et enfin celles de votre sang. Par ailleurs, votre personnage a une psychologie fragilisée : il souffre d’haptophobie, autrement dit la peur d’être touché par autrui. Cette angoisse révèle tacitement quelque chose de plus profond : la perte des souvenirs passés. Après un premier paragraphe sur les points forts et un second sur les multiples petits points faibles, celui-ci est écrit dans une finalité neutre. Il s’agit ici de vous laisser vous forger votre propre opinion de votre expérience de jeu. Pour vaincre les boss, il suffit d’observer. La tactique est acceptable bien qu’on aurait pu attendre davantage d’un triple A au bout de cinq années de développement. Mais si l’on considère le jeu dans sa globalité, le niveau de difficulté est non seulement croissant mais également rythmé selon une avancée et compréhension stratégique et modérée du joueur. Notre jugement est comme l’idée centrale du titre : équilibré. C’est de cette façon que nous abordons une critique équitable afin que le poids en devienne neutre.

Le travail de réalisation sur le caractère et le passif de chaque personnage est une véritable perle. Death Stranding qui a toutes les apparences d’un RPG Futuriste et monde ouvert de surcroît, vous apporte les preuves que chaque visage est unique malgré la diversité et la quantité des noms inclus au fil de l’intrigue. Le doublage est tout simplement superbe en tout cas sur la part auditive française. On retrouve fidèlement les visages reproduits en 3D : celui de Norman Reedus, Guillermo Del Toro et entre autre, celui de Mads Mikkelsen parmi d’autres encore.

AmélieDeath strandingLa communauté de fans de Kojima aura été récompensée par de multiples titres cultes dont la saga des Silent Hill et bien naturellement le fameux Metal Gear Solid. Cependant doit-on pour autant classer Death Stranding comme une oeuvre appartenant aux classiques ? Il est sans aucun doute plus que prometteur et peut être même géniteur d’une nouvelle saga. Vous aura-t-il suffisamment marqué l’esprit pour que vous estimiez que cet opus de science-fiction pure est méritoire d’une gloire vidéoludique ?  Ici, la question divise à travers les expériences du jeu qui nous est tout à chacun, différente et unique. Car finalement Death Stranding est un océan d’idées liées entre elles sous une idéologie commune : l’union fait la force. Nous sommes à l’heure actuelle dans un monde de plus en plus connecté grâce à nouvelles technologies tels l’internet ou encore les Satellites. Or, là où la connexion humaine de la Terre représente une forme d’espoir et d’avenir pour l’espèce humaine, quelle est finalement la morale qui en découle ? Ne briser pas les liens avec vos proches, tout simplement. Une leçon de vie en dehors des frontières menottées à la foi religieuse ou encore à la peur de l’Au-delà.

Conclusion en territoire ennemi

SamAttrape rêvesLe jeu divise tout simplement le public des joueurs. Certains y voient une forme d’exploitation de leur crédulité de la part de Kojima et cette partie se rangent sur l’idée que le titre est surfait. Cependant, d’autres y voient au contraire un chef d’oeuvre de plus grâce aux graphismes, au scénario et aux doublages des personnages. Pour un AAA et surtout pour une première production, le jeu est pas mal. Mais vu le temps de développement (5 ans), on pourrait s’attendre à mieux. 

Death Stranding est clairement chronophage et la plupart des tutoriels ne sont pas efficaces pour une prise en main immédiate. Les gros points forts de l’opus sont la renommée de Kojima (avec toute sa communauté de fans), le scénario et l’univers, le doublage et les graphismes et finalement sa durée de vie. Par contre il existe hélas une multitude de petits défauts qui énervent, en passant par l’interface, la gameplay, les cinématiques (le côté surfait), et enfin l’attribution des touches. 

Quelques questions demeurent, Qu’est-ce que le Death Stranding sinon le reflet de notre propre vision d’un futur proche auquel l’Homme ne pourra peut-être pas échapper ? Cette vision noire est promptement commode à une réalité de questionnements. Et là où le grand Miyazaki met en avant dans Princesse Mononoke, que finalement toute chose a une fin, que toute règne d’espèce dominante aura un jour son extinction. Nous citons cet exemple en guise d’ouverture puisqu’il s’agit de l’un des nombreux clins d’œils auxquels Kojima a fait référence dans son oeuvre. Pour conclure, personne ne peut témoigner s’il existe une vie après la mort. 

8.5

Author's rating

Overall rating

Graphismes
9.0
Gameplay
6.0
Ambiance sonore
9.0
Scénario
9.0
Note Globale
8.5
The good
  • Bande sonore mélancolique qui sert parfaitement l'ambiance et rappelle la pluie
  • Excellente modélisation des personnages et des décors, tout est dans le détail
  • Gameplay complexe ou modéré entre touches classiques et spécialisées
  • Univers passionnant et riche avec un scénario pensé de bout en bout
  • Un premier titre plus que prometteur pour un studio de développement
  • Une durée de vie phénoménale (plus de 100 heures)
  • Portage PC : la hausse des FPS
  • Un simulateur de marche exceptionnel
The bad
  • Un côté du jeu surfait (trop de micro cinématiques)
  • Interface peu efficace
  • La configuration des touches à faire 2 fois: gameplay à pieds et véhicule
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About author
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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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