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Tout le monde connait ce 3ème long métrage d’Hayao Miyazaki, sorti en 1986, mais seulement en 2003 en France ! ” Le Château dans le Ciel” de son titre original 天空の城ラピュタ ( Tenku no shiro Lapyuta), littéralement “Laputa, le château du ciel”, ce film est inoubliale. Deux heures de pure beauté, servi dans son écrin musical, par l’inimitable Joe Hisaishi.  Et, pour ceux n’ayant jamais lu, ni vu les films sur les aventures de Gulliver, le nom du château en est une référence directe ! Comme quoi, tout n’est que culture !
La même année, Miyazaki et son équipe ont même reçu le prix Noburô ÔFuji pour ce film !

Pour les quelques rares qui oseront lire cet article sans jamais avoir vu ce film d’animation … Repassez plus tard, des spoils seront de sortis !

Petit rappel

Voici un petit résumé du film du “Le Château dans le Ciel”, si vous ne l’avez pas vu depuis longtemps !

Dans un  navire volant, sorte d’hôtel flottant, une jeune fille (Shiita) muette observe la lune. Rapidement, cette dernière se retrouve derrière d’étranges moucherons. Il s’agit là d’une attaque de pirates, savamment organisée. Mais, pas de chance, la jeune fille profitent du grabuge pour sauter par la fenêtre.

Son médaille s’illumine alors qu’elle chute, évanouie. C’est le jeune Pazu qui l’aperçoit et qui, tant bien que mal, arrive à la rattraper. La rencontre et leur premier échange reflète toute l’innocence de l’enfance. Mais aussi la pression du monde des adultes, notamment avec la mission du garçon : prouver que son père avait raison !

Arrivent alors moultes péripéties, on découvre une cité bâtie à-même la montagne.  Locomotive et voitures à vapeur laissant une épaisse fumée sombre. Une mine ancienne, encore éclairée par des lanternes à huile. Des avions d’un autre temps. Et, pour finir, un merveilleuse citée, bijou de technologie rouillée, dont un vieux robot couvert de mousse, préserve la mémoire.

 

Le film

Le Château dans le CielDès les premières scènes, on sent l’inspiration Steampunk de cet opus. Celui-ci fait d’ailleurs figure d’exemple pour certains spécialistes, notamment pour prouver certaines démarches de l’auteur. Il suffit de faire un tour sur la page Wikipedia du film pour le comprendre.

Hayao Miyazaki a toujours mit en avant des thèmes qui lui sont cher. Bien souvent, il s’agit de la nature, dans sa globalité. “Princesse Momonoke” généralement évoqué en premier. Néanmoins, dans pratiquement tous ces films, la technologie se retrouve absente. Soit totalement inexistante, soit équivalent à ses débuts, c’est à dire à l’époque de la Révolution Industriel. Et ce n’est pas “Le Voyage de Chihiro” qui montrera le contraire! Bien que l’histoire soit “moderne”, mis à part une voiture… Pas grand chose à se mettre sous la dent !

“Le Château dans le Ciel” reste le seul ouvertement orienté sur la technologie. Là encore, on ne parlera pas de “Porco Rosso”, du même niveau mais plutôt orienté sur la guerre”. Ici, il s’agit de technologie, pour la technologie. Cette dernière est même bien supérieure, car des pierres volantes permettent d’obtenir un pouvoir quasi divin ! Tel est d’ailleurs l’enjeu, entre Shiita et Pazu, qui souhaitent uniquement faire le bien et rêve d’un monde utopique. Les pirates, pas foncièrement méchants mais qui ne pensent qu’à s’enrichir. Ou encore, et surtout, le Colonel Muska, en quête de cette puissance pour contrôler le monde…

La technologie

Le Château dans le CielDans “Le Château dans le Ciel”, la technologie actuelle (hors Laputa) paraît désuète pour nous. En effet, elle s’arrête là où commence notre évolution moderne. Ainsi elle flirte avec le Steampunk sans se bloquer sur une époque Victorienne ni s’enfermer dans un univers limite médiéval. Le film fait souvent référence parmi les “étudiants” du Steampunk, justement car il a su en prendre les codes et les idées, pour l’adapter, loin des stéréotypes du genre.

Il s’agirait même, ici, d’une fusion quasi magique entre la vision utopique d’un enfant et le regard cynique de l’homme désenchanté. On y découvre une possibilité de vie simple mais pas facile et la tentation d’un pouvoir facile et sans effort. Derrière cette technologie se dévoile alors deux réalités, sortes de moral au film. La première, celle tout simplement qu’une technologie, quel qu’elle soit, ne doit jamais tomber entre de mauvaises mains. L’Histoire nous la aussi prouvée à plusieurs reprises, mais cela n’empêche pas les Hommes de répéter les mêmes erreurs. Ensuite, une vérité qui, avec les batailles récentes sur l’écologie, se remontre à nous. La Nature, quoi qu’il puisse se passer, reprendra toujours ses droits.

C’est aussi pour cela que le Steampunk domine, plus ou moins, dans toutes les œuvres de Miyazaki. Il s’agit d’une période ayant réellement débutée mais qui se développe dans l’imaginaire des possibilités. Une “période” durant laquelle les Hommes se sont développés sans pour autant détruire ni transformer. Une époque où l’irréversible n’existe pas. Dans laquelle n’importe quel enfant pourrait même piloter un petit avion…

Conclusion

Le Château dans le CielInutile de vous conseiller d’aller voir ce film d’animation, vous l’avez déjà tous fait. Mais peut-être le revisionner avec un autre regard? Celui de notre monde actuel, de notre société de surconsommation, de notre technologie du jetable, de la fin de nombreux rêves et de possibilités de voyage. Car, bien que de la fin des années 80, ce film fait encore et toujours échos à notre présent. “Le Château dans le Ciel”, comme les autres films, prône le naturel, le retour au sources et aux sentiments fondamentaux. Les vraies valeurs sont mises en avant, preuve en est que, finalement, les pirates ont même obtenu leur récompense ! De plus, libérée des restes de l’humanité par sa destruction, seul l’arbre s’envole, gardant dans ses racines. La Nature reste la grande gagnante de cette aventure.

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Malya

Maman de deux enfants, passionnée par le Japon et sa culture. Je travaille aussi au Manga Café Kyo'Hon (qui se trouve à Béziers), d'où mes articles sur le sujet!

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