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Le Cecil Hotel, probablement le lieu démodé le plus connu et médiatisé du monde. Il faut dire qu’en 2015, la 5ème saison de la saga horrifique « American Horror Story » en avait fait son thème ! Et pour ceux qui suivent activement l’ensemble de nos articles, un clin d’œil à celui-ci a été fait dans la publication « Dark Water« .
Reprenons ensemble tout ce que l’on sait à son sujet !

Le Cecil Hotel, origine du mal

L’hôtel est construit en 1924, dans le quartier Downtown Los Angeles, aux USA donc. Érigé par l’entrepreneur hôtelier William Banks Hanner, son architecture provient de l’artiste Loy Lester Smith. La crise n’aidant pas, en 1929 l’hôtel se transforma progressivement en « lieu de passe », entre prostituées et criminels. Bâti avec 700 chambres et 14 étages, désormais, il en comporte 600 et se nomme « Stay On Main ». C’est d’ailleurs après la grande médiatisation de la mort accidentelle de la jeune Elisa Lam que les dirigeants ôtèrent la célèbre pancarte portant le nom du Cecil Hotel.

Concrètement, et bien qu’il y a de nombreux faits étranges, peut-on réellement dire que ce lieu soit maudit? Ne serait-il pas plutôt victime des théoriciens du complot ou encore des fans de surnaturel? Le toute agrémenté de fake news, d’intox et de films, séries et autres média fantastique. Loin de laisser notre imagination s’emballer, il faut aussi savoir remettre les choses dans leur contexte.

Deux serial killers vivant là-bas? En effet, cet hôtel n’est pas cher ! De très bon marché même, avec de surcroît une multitude de chambres. Le quartier lui-même n’est pas vraiment haut de gamme et sa population dominante est constituée de drogués, prostitués et dealers. Le site comporte tous les éléments pour être le repaire des criminels, mais aussi des personnes en mal-être, plus facilement tentées par le suicide.

Mais n’oublions pas sa longévité. Le Cecil Hotel fête c’est 95 ans, soit bientôt le centenaire ! Quelques incidents tout au long de son histoire, c’est même quelque chose de très logique ! D’ailleurs, si vous portez bien attention à la chronologie des faits étranges (hors suicides), nous sommes sur une quelques cas à peine… L’hôtel, surnommé « Le Château », construit par le serial killer H.H. Holmes à Chicago en 1893. Avec 27 crimes officiels, mais probablement une centaine voir deux, en seulement 2 années, ce lieu correspondrait en effet bien plus à la tanière du Diable !

Malgré tout, c’est bel et bien le Cecil Hotel qui continue à faire parler de lui. Décoration vintage, toujours d’origine même. Quartier encore considéré comme sensible, atmosphère glaciale et sensation de vide. Là où d’autres sites d’horreurs se font détruire, transformer ou jouent sur le côté hanté, le Cecil Hotel ne changent que sa façade et semble vouloir continuer de cacher des histoires encore plus sombres… A l’instar de la Forêt d’Aokigahara, nommée aussi « La Forêt des Suicidés », l’hôtel attire de façon croissante les personnes instables, et ce, malgré les efforts de la direction.

Chronologie du Cecil Hotel

1924 : Construction de l’hôtel. Initialement prévu pour des séjours d’affaires, la crise le transforme en lieu bas de gamme pour des gens de passages.

1931 : W.K. Norton, un client, se suicide en avalant des capsules de poison.

1932 : Benjamin Dodich se suicide d’une balle dans la tête, sans laisser de mot ni explication.

1934 : Louis B. Borden, un sergent de l’armée, se tranche la gorge dans sa chambre avec un rasoir. Suicide signalé par une lettre en raison de ses problèmes de santé.

1937 : Grace E. Magroe tombe du 9ème étage. Sa chute fut stoppée les fils du téléphone entourant son corps. Son petit ami dormait à côté, la police ne jamais pu déterminer s’il s’agissait d’un suicide, d’un accident ou d’un meurtre.

1938 : Le pompier Roy Thompson a sauté du toit du Cecil Hotel et son corps a été retrouvé dans le bâtiment voisin.

1939 : L’officier de la Navy Erwin C. Neblett se suicide en ingérant du poison.

1940-1960 : De très nombreux suicides de gens de passages. Ce fait pousse même les résidents à surnommer l’hôtel le « Le Suicide ». (Jeu de mot : Cecil => Suicide).

1944 : Dorothy Jean Purcell assassine son nouveau-né en le jetant par la fenêtre sa chambre. La jeune femme accoucha toute seule dans la salle de bain, pour ne pas réveiller son compagnon. Pensant que le bébé était mort né elle le jeta par la fenêtre, devant le bâtiment voisin. Jugée instable et mentalement dérangée elle ne fut toutefois pas jugée coupable.

1947 : Robert Smith se défenestre du 7ème étage.

1954 : Helen Gurnee, enregistrée sous un nom d’emprunt (Margaret Brown) s’est jetée du 7ème étage aussi.

1962 : Julia Frances Moore se jette d’une fenêtre du 8ème étage mais ne laisse aucune note.
1962 :
Suicide de Pauline Otton qui se défenestre du 9ème étage et tue un piéton en bas. George Gianinni, pourrait d’ailleurs ne pas être un « dommage collatéral ». La police suspecte en effet que le suicide ait été prévu par les deux personnes.

1964 : Goldie Osgood, la « dame aux pigeons » violée, étranglée et poignardée dans sa chambre. Résidente permanente elle travaillait aussi dans l’établissement.

((1947 : Mort  d’Elizabeth Short, le « Black Dahlia », coupée en 2 et vidée de son sang. Vu vivante pour la dernière fois au bar du Cecil Hotel. Le fait reste toutefois dans le domaine de la spéculation car aucune preuve formelle étaye cette version… Sans oublier le fait qu’une théorie sur son assassin mène à un petit ami… Lui aussi plausiblement tueur en série  » Le Boucher de Cleveland ».))

1975 : Suicide d’une femme non-identifiée, en sautant du 12ème étage.

1985 : Richard Ramirez, dit « The Night Stalker », séjourne au Cecil Hotel. La nuit il pénètre dans les habitations pour tabasser, violer et parfois tuer les femmes d’une balle dans la tête.

1991: Jack Unterweger, dit « L’étrangleur de Vienne », séjourne aussi au Cecil Hotel. Il bat, viole avec des branches d’arbres et étrangle avec leur soutien-gorge 3 prostituées dans la ville de Los Angeles. (Nous ne parlerons pas ici de ses crimes en Europe).

2007 : San Damon, célèbre artiste, fit une séance photo, mais suite à un incendie tout fut perdu, sauf une image. On retrouva cette photo lors de la découverte du corps de son modèle… Bien qu’il ne reste plus aucune trace de cette séance, les rares personnes a avoir pu les contempler parlent d’atmosphère dérangeante et de zones d’ombres étranges, …

2013 : mort par noyade d’Elisa Lam, enfermée dans un réservoir d’eau sur le toit. Son corps restera là pendant 3 semaines avant qu’un technicien vienne chercher la source du mauvais goût de l’eau. La vidéo devint rapidement virale, même si des analyses tentent à prouver une modification… De plus, son état mental permit de classer l’affaire même si certaines questions restent toujours sans réponse.

2015 : Le corps d’un jeune homme est retrouvé au pied de l’immeuble. Il aurait lui aussi sauté de la fenêtre de l’hôtel…

Le Cecil Hotel de nos jours

Racheté pour 30 millions de dollars par Matt Baron, président de « Simon Baron », l’hôtel devrait retrouver sa parure de luxe pour 2019. L’établissement, qui avait coûté à sa construction 1 million de dollar environ (attention toutefois à la valeur du dollars!) va en effet subir une réorganisation de l’intérieur. Tout de marbre originellement, ce sont notamment une piscine et salle de muscu qui devront se rajouter !

En 2017, la ville de Los Angeles a d’ailleurs voté son accord pour considéré le bâtiment comme monument culturel historique. Ceci principalement pour son architecture représentative des hôtels de l’époque.

Désormais interdite, la location à long terme n’est plus possible sur place. Le Cecil Hotel reste donc un lieu de passage lambda, en attendant que son image de marque soit redorée. Il existe 2 groupes de personnes qui se rendent là-bas. Les premiers, bien évidemment au courant de son histoire et à la recherche de sensations fortes. Les deuxièmes, qui n’y connaissent rien mais cherche un hôtel peu cher et assez bien situé. Bien que le côté luxueux tendent à revenir, il semblerait toutefois que ce ne soit pas forcément un lieu pour les personnes sensibles! L’accueil du personnel serait froid et son style n’aide pas toujours à se sentir à l’aise. De plus, on peut facilement s’y sentir oppressé (merci la déco!) sans compter le silence pesant… En effet, le bâtiment est immense, les couloirs bien long et les visiteurs ne remplissent pas non plus tout l’espace…

Pour conclure, si vous êtes curieux, vous pourriez le choisir lors d’un séjour, autant pour son prix attractif que son histoire. En décalage total avec le monde extérieur, il ne faut pas avoir peur d’être déstabilisé, même si la modernité semble prendre le pas progressivement ! Quant à la possibilité de croiser des fantômes, pourquoi pas? Mais, maudit ou non, il y a fort à parier que d’autres morts étranges et suicides continueront d’ensanglanter son histoire.

Tout simplement parce que, désormais, c’est le rôle implicite du Cecil Hotel.

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Malya

Maman de deux enfants, passionnée par le Japon et sa culture. Je travaille aussi au Manga Café Kyo'Hon (qui se trouve à Béziers), d'où mes articles sur le sujet!