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« Kairo », écrit ainsi et non pas « Kaïro », hein è_é. Voilà donc un film qui fera autant grincer des dents qu’applaudir avec frénésie. Et cette fois, j’ai même lu le roman, tous les deux de Kiyoshi Kurosawa. Attention, le monsieur n’a aucun lien de parenté avec l’immense Akira Kurosawa! Allez, c’est parti pour un nouveau tour d’horizon des films d’horreur japonais !

Film, Kairo« Kairo », qu’est-ce que c’est?

Sorti en 2001, entièrement écris et réalisé par monsieur Kurosawa Akira, il fait souvent référence, autant pour le positif que le négatif. 3 ans après la sortie de « Ring« , le cinéma horrifique nippon a le vent en poupe ! De plus, celui-ci a reçu 4 prix, preuve qu’il reste à prendre avec sérieux malgré les seulement 11 acteurs crédités. Car, en effet, pour un film d’horreur, dit, de fantôme, le thème principale reste les disparitions. En plus d’être un concept économique, il permet de créer une atmosphère angoissante basée sur des silences et des vides. Mais c’est parfois là où le bât blesse.

« Kairo » débute sur le suicide d’un jeune homme, ne laissant derrière lui qu’une disquette et beaucoup de questions. Le synopsis du film ne donne pas vraiment envie, surtout quand on sait qu’il s’agit d’un film bien plus cérébrale que « Ring » (par exemple). On se retrouve ici encore plus loin du style américain et de ses classiques jumps scares ! D’ailleurs, du haut de ses 2h (un peu moins mais on ne chipote pas), beaucoup décrochent. Les moments de vides devant accentués l’angoisse se retrouvent parfois un peu trop long, coupant net l’immersion du spectateur.

« Kairo » vaut-il le coup?

Est-ce que ce film mérite le détour? En fait, il est quasi impossible de dire si oui ou non « Kairo » vous plaira. Le livre, en parallèle, ou tout seul, pourrait éventuellement permettre de faire la différence. En effet, entre la longueur du film, la mise en scène, le rythme et le background l’ensemble sera rapidement indigeste pour beaucoup. Pourtant, il faut bien dire que celui-ci vaut le coup, d’autant plus quand vous vous intéressez à la société nippone.

Au-delà de cette histoire inquiétante de suicides et disparitions, le remplacement des êtres de l’au-delà peut se percevoir sous différents angles. D’un point de vue purement surnaturelle, internet/la technologie sert de passerelle et l’invasion des morts se fait lentement, tout simplement. Ou ces fantômes ne seraient-ils pas plutôt la transformation des morts en ombres? De la même façon que, couper du reste du monde, ils disparaissent progressivement de la société? Le point illogique souvent rappelé concerne le fait que les ombres représentent les morts mais demeurent peu nombreux comparés aux milliards d’humains décédés depuis les premiers temps. S’ils représentent les morts de solitude, cela pourrait vite redevenir crédible.

En conclusion

Ce film est à regarder, si possible jusqu’au bout ! Il a certes de gros défauts, ainsi que des lenteurs, ils demandent un minimum de concentration et de suivi. Mais, il reste à voir. N’oubliez pas qu’ils ont reçu 4 prix et pas des moindres. Autant le film que le livre, il ne faut pas forcément s’attendre à avoir peur, littéralement parlant. Nous sommes aussi très loin d’un Stephen King… Mais le fond peut perturber certains. Après, il ne s’agit pas tant d’une peur de la mort, mais d’une prise de conscience sur cette dernière, sur son inexorabilité.

PS : Comme d’habitude, on va éviter la version américaine de 2006.
PS2 : Le film est sorti en Europe/USA sous le titre « PULSE »

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Malya

Maman de deux enfants, passionnée par le Japon et sa culture. Je travaille aussi au Manga Café Kyo'Hon (qui se trouve à Béziers), d'où mes articles sur le sujet!