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peur

La peur

Soleil et ombre

La peur est un état de conscience physique et psychologique lié à une forte émotion ressentie pendant un état de danger donné. Les mots ont un pouvoir, ils laissent une trace indélébile dans notre esprit et a pour corollaire une vive échelle de l’émotion de la moins intense à la plus forte. Par ailleurs la peur et ses synonymes méritent d’être classés selon une échelle graduelle à degrés : une sorte d’ellipse de l’échelle de Richter mais bien plus complexe. En parallèle, il existe donc plusieurs expressions qui définissent les états de paniques. Paul Ekman a établit en 1972 les échelles des émotions : la peur se classe parmi les émotions primaires. Nous allons d’abord mesurer les effets physiologiques sur le cerveau humain, comme ci contre le démontre cet effet psychosomatique de la pupille. Puis nous allons dans un second temps décrypter la peur d’un point de vue mental puis corporel. Dans les temps antiques les plus reculés, celle-ci est souvent rattachée au symbole d’un serpent dans l’estomac qui envahit peu à peu le corps. 

Première partie : Introduction, entre ombre et lumière ou comment voir ce qui se cache dans l’obscurité

peur

Amygdale

Le premier effet de la peur est une augmentation du rythme cardiaque. Nous avons fait une expérience pour démontrer ce phénomène et y sommes parvenus lors d’une frayeur. Nous avons pu constater par la même occasion l’augmentation de la pression artérielle et la dilatation des artères, ce qui permet au sang de circuler plus vite et plus fort vers le cerveau, les poumons et les muscles. Le corps est donc paré à fournir un effort, comme une fuite éventuelle ou un combat potentiel.

Le client passif

Entre Soleil et nuit, on peut remarquer la dilatation de la pupille ; de la même manière la peur provoque une hausse d’adrénaline, ce qui implique donc une dilatation complète de l’iris. La fatigue peut être un paramètre de l’exacerbation de cette dernière. Toutefois une expression raconte que les yeux sont le reflet de l’âme. Tout ceci est lié finalement à un effet chimique dû à la traduction du message reçu par la vue au cerveau. Les sens tout comme la complexité du système cérébro-spinal ont un rôle à jouer non seulement dans les fonctions motrices mais également dans la façon de percevoir le monde.  Dans le film From Beyond (une adaptation d’une nouvelle de H.P. Lovecraft) on peut observer un scénario axé sur le développement de la glande pinéale. Ce dernier influence la vision et le cognitif en général. Ceci est éponyme au fameux “troisième œil” (Le troisième œil ou œil pinéal ou encore œil pariétal est un organe photosensible situé sur le haut du crâne de certains reptiles et amphibiens. Il existerait de manière vestigiale chez l’homme sous la forme de la glande pinéale.). En allant encore plus loin, les troubles du nerf optique peut provoquer des hallucinations : H.P. Lovecraft avait d’ailleurs régulièrement consulté dans les années 1920, les dernières théories scientifiques en vogue. Ce qui comprend, entre autre, les mondes parallèles et la perception de ces derniers.

Night Trap

Night Trap Sega

Les virus existent bel et bien hélas comme purge de la race humaine : sous forme de transe collective, un tueur qui n’en ai pas un peut se mettre à tuer à travers des cauchemars éveillés.  Tout comme l’épisode “Via Negativa” de X-Files le montre (ceci fera l’objet d’un prochain article) : une secte occulte tue ses membres car finalement les membres ont eu une transe collective ou hallucination collective qui a eu pour conséquence “un effet psychosomatique d’une rare violence”. Dans cet épisode 7 saison 8, Doggett combat un visiteur de rêve mais bien plus que ça, un tueur de rêves. Il se trouve introduit dans la vision collective de la secte a par ailleurs son âme imagine la décapitation de Scully. Fort heureusement, alors que d’autres ont recours à la mutilation du front, Doggett parvient à s’extirper de cette incontrôlable hallucination qui impacte le réel. On peut classer ceci dans “comportements d’excessif enthousiasme ou d’excessive adulation de la part d’un groupe”d’une part, et d’autre part dans “situations dans lesquelles tout un groupe présente les mêmes symptômes somatiques, sans cause organique.” Par conséquent ce qui remplit parfaitement la jauge de l’hystérie collective. A ne pas confonde avec peur collective.

Les effets de surprise ou “Jump scare”

Nous ne sommes pas nyctalopes pourtant nous pouvons suivre notre instinct. Depuis que les hominidés ont développés la main (plusieurs millions d’années d’évolution), nous sommes en mesure de créer encore et toujours une panoplie d’outillage. Tout comme les caméras à vision nocturne, nous avons volés le secret de la nuit tel Prométhée le fut jadis avec le feu aux Dieux. “Un jump scare (litt. « saut de peur ») est un principe qui recourt à un changement brutal intégré dans une image, une vidéo ou une application pour effrayer brutalement le spectateur ou utilisateur. Il s’effectue à l’aide de screamers (litt. « hurleurs ») : un screamer classique comprend souvent un visage effrayant accompagné d’un hurlement. Les screamers existent depuis 1996, année qui connaît l’apparition des plus connus d’entre eux. Certaines applications mobiles et jeux-vidéo survival horror intègrent ce type de procédé.” (Source) : Ainsi par exemple, dans la saga RING, l’esprit tue par un “jump scare” en étant le “screamer”, vous mourrez littéralement de peur avec le rictus figé sur le visage et les yeux révulsés. Dans Haunting Ground vous devez également vous cacher n’importe où ou fuir l’ennemi : vous ne devez pas augmenter votre psychose. En effet la ruse est votre seule amie et face à le peur, votre état diffère selon une jauge “panique” ou encore “épuisement”. Tout comme dans Rule of Rose, vous êtes accompagné d’un fidèle compagnon qui peut éventuellement vous prévenir -en avance- des dangers à proximité.

Deuxième partie : Les peurs externes avec l’ouïe 

Le deuxième effet de la peur est une augmentation du débit ventilatoire. Afin de se préparer à fournir un effort, les bronches des poumons vont se dilater afin d’augmenter la concentration du sang en oxygène pour subvenir au besoin des muscles toujours dans l’optique de fuir ou de combattre.

Les phobies obsessionnelles

Lain

Lain : le Wired

Selon le site Santé sur le Net : “lorsque la peur paralyse un individu en l’absence de réel danger, cela prend des proportions démesurées et impacte de manière importante sa vie (monopolise les pensées, influence les choix, etc.), Nous sommes alors face à une situation pathologique. On parle de phobie.” La phobie est une peur obsessionnelle car l’individu se focalise sur un objet ou un sujet et éprouve alors une angoisse irrationnelle. Autrement dit, si vous fixez par exemple une poignée de porte trop longtemps, vous allez commencer à voir cette dernière bouger. En clair cela revient à dire qu’une obsession conduit à des états secondaires du comportement. Voilà pourquoi on parle donc de troubles du comportement. Par ailleurs les phobies appartiennent aux peurs externes : peur des araignées, agoraphobie, peur du vide, etc. En effet il s’agit ici d’un élément de votre environnement qui atteint le patient visé puis comme celui ci se concentre trop sur cet élément, il en devient malade.

Selon le grand dictionnaire de la psychologie : “Le sujet est conscient de sa phobie et il souffre du fait que son comportement est régi par l’évitement du stimulus phobogène et la crainte de lui être confronté inopinément“. Nous précisons que tout le monde souffre d’état pathogène plus ou moins envahissant, ainsi une personne atteinte d’agoraphobie ou encore de phobie sociale on parlera ici du caractère obsessionnel de la pathologie. A savoir que l’agoraphobie est liée étroitement à la claustrophobie ; le point commun est l’inexistence de sortie lors d’un rassemblement type festival ou autre.  La grande question qui demeure est :”Un tel pathogène est-il curable ?”. Selon les études les plus récentes il est déjà difficile d’une part de mesurer le niveau de “contamination” chez le patient, et d’autre part d’un point pédiatrique, d’estimer les dégâts subits lors de l’enfance du patient.

Poltergeist

Poltergeist

Quand nous sommes enfant ce que nous regardons est inscrit dans notre subconscient de manière codée : un super héros admiré, une musique écoutée en boucle, ou encore un simple personnage même secondaire auquel vous avez pu vous identifier. Ces lignes de codes influencent vos rêves adulte de la même manière que le courant électrique dans une chambre peut générer des cauchemars. Ces images fixées telle l’enfant regardant l’écran de sa télévision dans la saga Poltergeist, elle attend un signe du monde de l’au-delà. A noter que contrairement à certains pays, en France, nous sous-estimons complètement l’enfant en dessous dix ans. Comment ce phénomène peut-il s’expliquer ? Notre mémoire active n’est pas la même suivant les âges : Dans le manga Serial Experiments Lain, le “wired” est une sorte d’intelligence artificielle globale qui plonge Lain dans un amas de connexions diverses avec le virtuel.

Dans le culturalisme Ghost in the Shell,  les cyborgs et autres robots sont parmi la société, parfois à des fins nobles parfois salaces, Kusanagi est un modèle féminin conçu pour tuer. Alors question : Ce que Asimov pouvait affirmer dans son cycle des Robots prétend bien imposer à ces derniers des lois universelles poussant les créatures mécaniques à respecter l’être Humain. Cependant le malaise “SKYNET” n’est pas très loin tout comme la course aux armes militaires et technologiques de certains pays. Selon Asimov : “Si les machines sont si intelligentes aujourd’hui, qui sait ce qu’elles feront dans 50 ans ? Ce seront des ordinateurs beaucoup plus miniaturisés qu’aujourd’hui, qui serviront de “cerveaux” aux robots.” (Dans une interview télévisée en 1980).  Asimov a vu juste, même si nous sommes en avance : “L’humanité souffrira sévèrement d’ennui, un mal se propageant chaque année davantage et gagnant en intensité. Cela aura de sérieuses conséquences aux niveaux mental, émotionnel et social. ”

Troisième partie : Les peurs internes

Le troisième effet important de la peur sur notre organisme est une redirection de flux sanguins du système digestif vers les muscles, les poumons ou le cerveau. Ce qui explique qu’une grosse frayeur puisse parfois provoquer des crampes d’estomac. En effet, les muscles, le cerveau et le cœur doivent être sur-alimentés en oxygène et en glycogène afin de se préparer pour une éventuelle fuite ou un éventuel combat. C’est l’hypothalamus qui se charge de cette redirection du flux sanguin du système digestif vers le système respiratoire et les muscles.

Angoisse Freudienne et manifestations psychosomatiques

zombi

Zombi

En psychiatrie, l’angoisse est : “l’ensemble de sentiments et de phénomènes affectifs caractérisé par une sensation interne d’oppression et de resserrement et par la crainte réelle ou imaginaire d’un malheur grave ou d’une grande souffrance devant lesquels on se sent à la fois démuni et totalement impuissant à se défendre.” Toujours selon le grand dictionnaire de psychologie, Sigmund Freud décrit l’angoisse comme : “une peur devant un danger qui reste inconnu, indéterminé, venant le plus souvent de l’intérieur de soi. C’est une réaction d’alarme primitive, inscrite dans le corps, comme un réflexe archaïque.” Les conséquences psychosomatiques se traduisent par des effets multiples plus moins graves, plus ou moins douloureux. “Allant de la simple constriction épigastrique à la paralysie totale, et elle souvent accompagnée d’une intense douleur physique.”

Spasmophilie ou Tétanie ?

Commençons ici par les crises simples crises de spasmophile, selon le site passeport santé : “Le terme « spasmophilie » est largement employé par le grand public pour décrire des crises d’angoisse alliant difficultés respiratoires (sentiment d’oppression, d’étouffement, hyperventilation) et tétanie musculaire. Les symptômes de la spasmophilie, de la tétanie ou encore de l’hyperventilation psychogène peuvent dans certains cas s’apparenter à ceux présents lors d’attaques de panique.”  et le site va plus loin dès le début : “Ce terme est très controversé car il ne s’agit pas d’une maladie reconnue dans les classifications médicales, ni en France, ni à l’international.”

Conclusion en camisole de force 

Comme nous avons pu le démontrer la peur part d’un simple effet de surprise jusqu’à l’angoisse omniprésente et paralysante. Les peurs sont un vaste territoire qu’il faut savoir comment conquérir. La tétanie comme la spasmophilie appartiennent aux nouvelles maladies qui ne sont pas encore reconnues même si finalement elles n’ont pas été diagnostiquées récemment. Cependant peut être que les personnes atteintes sont des sortes de mutants en voie de développement à une prochaine génération, une sorte d’adaptation au monde moderne et toujours plus connecté et isolant davantage les individus les uns des autres. Suite de l’analyse “comment mener une enquête” et troisième partie du code de l’horreur.

Références et sources

  • Article blog : les effets de la peur
  • IG magazine hors-série #3 : Jeu vidéo et Horreur, anatomie d’un genre
  • Grand dictionnaire de la psychologie, (Français) Relié – 21 septembre 2011 – Larousse
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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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