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Quateria

Monde de Quateria

« L’abîme appelle l’abîme, des profondeurs  je cris.

Je suis de son espèce. Je suis ce qui est à part »

« Abyssus abyssum invocat, de profundis clamavi
‘Ego sum sui generis’ dixi. Ego sum qui sum a parte »

Chant prophétique

Elle assainit le cœur sanguinaire, lutte croisée entre la mortalité et le brasier. Vœu d’allégeance sera fait, brandit par l’épée à sa droite. Le bras gauche la débardera de son fardeau dans les eaux. Le vent la convoiera vers une illustre arrivée. A la pointe terrestre, j’irai vers mon nord, au bout de moi-même.

Des bâtisses enracinées dans les sous terrains de l’infini, je trouverai l’issue.  Le moment Immanent approche à pas cinglés. Nul  ne peut voir les ténèbres comme je l’envisage.  L’acharnement risque de me fissurer, mais je ne tomberai point, je supporterai.

S’il se révèle à moi, je battrai pour lui. Il se relèvera et placera mon règne sur le sommet de mon âme.

 

La Dragonnadès

« On raconte que l’esprit de feu disposant de la plus grande ressource énergétique est la forme draconienne.  Si celle-ci parvenait  à se manifester chez l’humain, elle lui octroierait  une puissance colossale de destruction.  Mais aucun corps humain n’a pu se montrer au travers des époques, à la hauteur d’une telle engeance.

Pourtant,  dans les terres d’Erion, on narre les récits d’une créature qui court le pays, de victimes en victimes. Aucun témoin n’a pu en sortir vivant, pour attester de l’existence de cette bête. Ils  l’appellent la Dragonnadès.   Aucune lame ne viendrai à bout de sa carapace ; le monstre mesurerait plus de trois mètres de long de la tête à la queue.

Une légende, dont le  bilan s’élève à des centaines de morts bien réelles, mais qui semble disparaître mystérieusement sans ne laisser de trace. L’esprit choisit le moment crucial pour resurgir.  Une seule impulsion et c’est l’épanchement. Son cœur est abandonné à la peur, la transformant en pierre. Sa conscience n’oppose pas de résistance face à ce fléau présent, et s’endort dans les abîmes d’Erynne.

Ses pupilles se dilatent, teintées de noire ; ses yeux finissent par se révulser.  La femme s’écroule à quatre pattes dans l’herbe sous le poids impactant de ses bras.  Son sang s’accule dans ses veines. Tous ses muscles se contractent brutalement, elle est envahie par la sueur de ces efforts.

Ses membres se crispent de douleur, des spasmes violents l’empoignent tels des coups de pieds donnés à l’estomac. Ses ongles s’accrochent à la terre désespérément, et cèdent à des griffes finement aiguisées.  Le dos cambré succombe à un rempart d’écailles pointues, au gré de l’allongement de sa colonne vertébrale.  Les jambes d’Erynne ont mutées contre des pattes élargies, terminées par des couteaux lui permettant de bondir très haut.  Ses épaules sont plus massives.  La métamorphose est pratiquement assimilée. La morphologie de la bête révèle une peau entièrement  couvertes de plaques, aussi solides que le fer.  Défigurée, la dragonnadès marque sa conquête par le couronnement de quatre cornes sur les parois de son crâne.

Entité privée de son libre arbitre humain, la dragonnadès chasse de jour comme de nuit et ignore la pitié. Elle embroche ses victimes grâce à ses canines proéminentes et acérées.  Elle résiste au feu, peut voir dans l’obscurité et ne connait pas la douleur. Au réveil,  Erynne est de nouveau elle-même.  Elle ne se souvient jamais de rien. Fagotée de restes de tissus, elle vole ce qu’elle trouve et reprend constamment un énième trajet.  Les vociférations du prédateur dans les cauchemars d’Erynne demeurent les seuls pas laissés par le passage du carnassier. »

Claire Gozen 2016

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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde