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vivarium

vivariumRené MagritteVivarium est un film réalisé par Lorcan Finnegan (Foxes, Without Name) et sorti en salles le 11 mars 2020. “À la recherche de leur première maison, Gemma et Tom effectuent une visite en compagnie d’un mystérieux agent immobilier, Martin. Par la suite, le jeune couple se retrouve piégé dans un lotissement de maisons identiques appelé Vauvert.” (Wikipédia) Attention cette critique contient des spoilers. Le film est distribué par Saban Capital Group. Dans Vivarium, on trouve dans les rôles principaux l’actrice Imogen Gay Poots dans la peau de Gemma (V pour Vendetta, 28 semaines plus tard) et Jesse Eisenberg pour Tom (Cursed, Café Society). 

Vivarium et les décors

VivariumafficheLes SorcièresAvec un petit budget de départ de quatre millions d’euros, Vivarium est tout de même un succès sur le plan des décors. Le réalisateur confie dans une interview donnée à Allociné : “Je voulais que ce monde soit très coloré, comme dans un livre pour enfants, mais aussi toxique et faux. Qu’il puisse vous dégoûter rien qu’à l’idée de pouvoir y vivre. Lorsque vous lisez le scénario, cela semble impossible de recréer ce monde-là, surtout avec notre petit budget.” Par ailleurs l’équipe à réussit ce défi grâce à la construction de trois maisons identiques sur un fond vert.

D’ailleurs Lorcan Finnegan avoue s’être inspiré du peintre René Magritte dans sa collection “L’Empire des Lumières” entre 1953 et 1954. Tableaux qui ont également inspiré le tournage de l’Exorciste en 1973, René Magritte, artiste surréaliste, a imaginé : “l’image paradoxale d’une maison, la nuit, avec deux fenêtres allumées, éclairée par un seul lampadaire, sous un ciel de jour.” Toujours dans la même entrevue, le réalisateur du huis clos fait part d’une autre source d’inspiration : “J’avais aussi en tête la peinture dans laquelle est coincé l’un des personnages dans Les Sorcières de Nicolas Roeg. Je voulais que ce monde soit très coloré, comme dans un livre pour enfants, mais aussi toxique et faux. Qu’il puisse vous dégoûter rien qu’à l’idée de pouvoir y vivre.”

Réflexions sur le conformisme, vers une société étriquée (Début des spoilers)

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BiotopeVivariumUn vivarium est par définition un regroupement des : “Établissements aménagés en vue de la conservation de petits animaux vivants dans des aquariums (animaux aquatiques, poissons), insectariums (insectes) et terrariums (petits vertébrés terrestres).” Dans le film, à la manière d’une maquette infinie, cet “humanarium” dispose de tous les éléments nécessaires à la survie sans toutefois exceller dans l’emploi des cinq sens. Qui a fabriqué ce vivarium ? Il semble tout droit sorti de l’enfer ou bien encore éventuellement une énième expérimentation extra-terrestre ?  Étrangement lorsque Tom creuse afin de trouver une sortie vers l’Australie, il découvre non seulement les dépouilles de ses prédécesseurs mais aussi que le sol est fait de terre comme de plastique.

Le conformisme est l’évolution voire la régression des convenances instituées par les mœurs courantes de la Renaissance  à la fin de l’Ère Industrielle. Littéralement de part sa définition : “Le conformisme est une attitude très largement étudiée en sciences sociales qui correspond à un comportement qui est en accord avec ce qui est attendu d’un individu ou d’un groupe dans une situation donnée : être conforme veut dire ne pas dévier de la norme admise, ne pas prendre une liberté en agissant de façon différente de ce qui est attendu, socialement.” Autrement dit, la liberté de l’un s’arrête où commence la liberté de l’autre. Dans le film Fight Club de David Fincher sorti en 1999, Eward Norton (Le Narrateur) danse avec Tyler Durden (Brad Pitt) et ainsi se révèle être un rebelle anti-conformiste de es normes établies par le matérialisme. Nous pourrions citer d’autres sources comme Invasion Los Angeles mais nous n’irons pas plus loin.

Vivarium, quelle est votre théorie ? (Fin des spoilers dans ce paragraphe)

Vivarium

Invasion los angelesDark cityRevenons au film Invasion Los Angeles ou encore parlons du titre Monde Meilleur qui serait pour ainsi dire l’antonyme de Vivarium. Alors s’agit-il donc d’une expérience menée par des tiers extra-terrestres ou bien s’agit-ils d’une simple invasion extra-terrestre ? Dans le chef-d’oeuvre Dark city de Alex Proyas réalisé en 1998, John Murloch (Rufus Sewell) se réveille un beau matin et se met à enquêter sur son passé étrangement oublié. Or, il découvre avec horreur que finalement son cerveau a été reconditionné afin d’entrer dans une sorte de vivarium spatial. Cobaye d’une race extra-terrestre menacée d’extinction, il cherche avant tout sa femme d’une part et d’autre part la vérité à tout prix.

Une autre piste plus brève, plus compliquée serait que l’enfant soit une création purement génétique ! ou cyborg à voire, on pensera au film Bienvenue à Gattaca d’une part et en terme d’eugénisme on peut parler d’autre part de Clones avec Bruce Willis. En vérité, on peut tout supposer avec ce film ! Un fait marquant est que nous avons constaté que Martin, l’agent immobilier du début a vieilli à la fin : Son espèce a-t-elle une espérance de vie courte ou bien le temps s’écoule-t-il de manière plus lentement dans cette “quatrième dimension” qu’est finalement Vivarium ? On peut répondre à cette question puisqu’il s’agit bien d’une espèce inhumaine qui vit deux fois moins longtemps que l’Homme. En effet, le jeune garçon grandit très vite alors que Gemma et Tom ne semblent pas vieillir de par leur apparences. On peut éventuellement conclure qu’ils décèdent d’épuisement ou bien parce que le jeune garçon l’a voulu.

Conclusion dans le meilleur des mondes possibles

Vivarium

Vivarium est un opus idéal pendant la période actuelle de confinement qui n’est pas prête de s’arrêter : Et le temps passe vite, et nous vieillissons. Finalement il est temps de se poser les bonnes questions, qu’avons nous accompli dans notre existence ? Pourquoi sommes-nous là ? Avons-nous un créateur, etc.

On reprochera notamment le rythme étouffant du scénario, l’insupportable enfant qui semble grandir “aussi vite que la lumière”, et éventuellement une touche d’Aldous Huxley et c’est parti pour un titre surréaliste. Le film distrait mais il vous faudra la patience de le voir jusqu’au bout, un soucis souvent en corrélation avec les huis clos. 

6.5

Author's rating

Overall rating

Décors
7.0
Scénario
6.5
Performance des acteurs
5.0
Ambiance
7.0
Note Globale
6.5
The good
  • Un petit budget pour des décors bien imaginés
  • Un Huis clos horrifique
  • Un trio décalé dans les jeux d'acteurs!
  • Un rêve sans aucun goût, esprit du film
  • Une philosophie de fond
  • Des références à l'Art surréaliste
  • Un mystère non classé
The bad
  • Une bande sonore inaperçue (tout comme la musique de fond)
  • Une certaine patience qui ferme la distraction du film à de potentiels spectateurs
  • Aller jusqu'à la fin du film...
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About author
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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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