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Marianne sorcière

Marianne la sorcière, diffusée sur Netflix depuis le 13 septembre 2019, a été réalisée par Samuel Bodin. Série française d’épouvante/horreur, l’unique saison comprend huit épisodes de 45 minutes chacun. Largement inspiré de l’occultisme notamment à propos de Beleth qui est mentionné dans un ouvrage appelé le “Pseudomonarchia daemonum”. (Traité rédigé à la Renaissance : il classifie les démons et donne la solution pour les conjurer). La série va même en profondeur dans l’ésotérisme, en effet Marianne passe un pacte avec Beleth : “On ne passe jamais de contrat avec le diable, tout simplement parce que le diable n’a pas d’honneur et ne respectera jamais sa parole” (Dean Koontz).  Attention pour rédiger cette critique nous avons dû avoir recours à des spoilers partiels disséminés un peu partout dans la critique dès le premier paragraphe.

Emma une jeune romancière internationale retourne dans la ville de son enfance, Elden. Au fur et à mesure que le temps passe et au fil de son enquête et des indices récoltés, elle découvre avec effroi que ses récits se réalisent. Accompagnée de Camille, son assistante à tout faire, elle sillonne Elden avec son phare un peu étrange, dans l’espoir de découvrir la vérité sur l’identité de Marianne, esprit qui la hante chaque nuit.

Entre Marianne et Emma

Marianne et Emma

Marianne jeune et Emma


Marianne jeune

Apparence de Marianne avant d’être brûlée vive

Tout d’abord parlons de Marianne Basselin, une femme née en 1587 qui avait réussi  à fonder un foyer durant le XVIe siècle. Il faut savoir qu’au Moyen Age les procès sont arrivés très tardivement. Concernant la chasse aux sorcières, un nouvelle vague a débutée en 1560 à 1650 : Catholiques et protestants envoient les sorcières aux bûchers. Marianne Basselin a tué ses enfants, a éviscéré son époux avant d’invoquer Beleth afin de sceller un pacte avec lui en devenant son épouse légitime. C’est ainsi donc qu’elle se fait capturer par les catholiques avant de terminer sur le bûcher. Soigneusement emballée dans une tombe, elle repose avec son pacte démoniaque. Damnée et épouse de Beleth, elle hante les cauchemars d’Emma.

Les cauchemars d’Emma débutent à sa quinzième année, et lorsqu’elle confie à ses amis ce dont elle souffre, (Épisode 5 – Tu l’as laissée…) la bande décide de faire une séance de spiritisme dans l’ancienne école du phare pour en savoir en plus voire même dans l’espoir de libérer Emma de ses terreurs nocturnes. Au début la bande pense que le rituel est un échec et soudainement Emma se montre le visage face au plafond les quatre membres à terre et commence à proférer des malédictions à toutes les ados présents. On peut imaginer que le côté obscur d’Emma a attiré Marianne, et dans tous les cas : elles sont depuis ce rituel liées jusqu’à la mort.

Trouvant refuge tantôt dans un corps puis dans un autre, Marianne la harpie ne part jamais sans rien. Quand elle quitte le corps de Madame Dogueron, Elle lui arrache les yeux de l’intérieur. La nécromancienne funeste en vient même à posséder Camille lorsque celle ci est couchée dans son lit d’hôpital, sans doute pour mettre un terme à la vie du père d’Emma.

Qui est Beleth : Le démon du mal est l’un des instincts premiers du cœur humain.” (Edgar Allan Poe)

Beleth

Sceau de Beleth


Byleth du « Dictionnaire Infernal ».

Byleth

Beleth ou Byleth est le seigneur des Enfers, Ange déchu, il dirige 85 légions infernales. Il est évoqué pour la première fois dans le Lemegeton, ouvrage en latin qui liste 72 démons et comment les invoquer. Les sources de ce manuscrit en anglais du milieu du XVIIe siècle n’a jamais connu d’auteur authentifié.  Divisé en cinq parties, dont la plus connue appelée “Goetia” qui regroupe les préparations pour les sortilèges. Le pentacle de Beleth ou le sceau de Salomon ci contre est représenté dans le Lemegeton.

L’apparence mythologique de Beleth représente un chat accompagné d’une trompette sur un cheval blanc. Loin de l’image choisie par le réalisateur Samuel Bodin  et Quoc Dang Tran, dont le Beleth de Marianne ressemble plutôt à une créature noire et mince venue des enfers.  Toutefois une petite référence au véritable démon des grimoires, quand Marianne dans son passé fait le pacte avec le démon elle dit : “marquis des chats devant les ténèbres“.

Selon le rituel d’invocation du roi des ténèbres, il faut de prime à bord dessiner un triangle sans le cercle et le démon une fois présent, l’exorciste doit le convier courtoisement à entrer dans le triangle. Ainsi la personne qui dirige se retrouve avec le démon sous ses ordres. Petite parenthèse, le sceau du démon doit se trouver devant l’invocateur. Or dans la série le sceau est dessiné sur un mur.  Par ailleurs le groupe se réunissent assis autour d’un cercle, ils sont entourés de capteur infrarouge afin de détecter les montées de température.

Casting et direction artistique

Groupe

Emma et ses amis d’enfance


Rendez vous à Elden

Elden

Samuel Baudin depuis son film Lazy compagny en 2015 reprend au casting de Marianne ses acteurs fétiches, à savoir Alban Lenoir (Inspecteur Renan) et Alexandre Philip. Passant d’une bonne série comédie/guerre  à Épouvante /Horreur, Samuel Baudin a su s’adapter à un public de plus en plus exigeant en présentant une œuvre non pas sans référence (The Hauting of Hill House) mais avec une réelle volonté de toucher l’originalité.

Concernant le jeu des acteurs, entre l’interprétation de l’inspecteur Renan un peu paumé et celle de Madame Dogueron, c’est le jour et la nuit. Marianne série commune se classera parmi les œuvres qui se regardent facilement mais ne deviendra pas une référence pour autant. L’héroïne parvient toutefois avec son caractère de cochon à accrocher les spectateurs grâce à son côté antipathique. Victoire du Bois (Emma) n’est pas un personnage figé dans la durée mais elle évolue tout au long des huit épisodes.

Conclusion, vers une saison 2 ?

l'enterrement de marianneEmma est-elle enceinte de Beleth ? C’est sur cette fin sans chute que nous laisse Samuel Baudin. Nous réserve-t-il une suite ? Marianne est une série convenable qui se regarde facilement. Les personnages hormis quelques cas sont plutôt attachants. La musique peut en effet rappeler certains films US mais correspond bien à l’ambiance recherchée par les scénaristes et le réalisateur.

On voit que les scénaristes ont bien fait leurs recherches concernant Beleth tout en adaptant le démon à leur sauce. Les quelques touches comiques, qu’on pourrait appeler la légèreté cinématographique française ne sont pas apprécié de tous. Certains vont le cantonner aux échecs du cinéma français.

6.5

Author's rating

Overall rating

Décors et Costumes
5.0
Synopsis
7.0
Performance des acteurs
4.0
Direction artistique
7.0
État Global
6.5
The good
  • Scénario bien ficelé
  • Interprétation de Mireille Herbstmeyer
  • Des codes appartenant au monde occulte bien respectés
  • Une originalité audacieuse
  • Ambiance réellement authentique et horrifique
  • Le réalisateur qui a su s'adapter à une œuvre d'horreur
The bad
  • Le jeu d'acteur de l'inspecteur Renan
  • Dialogues trop plats
  • Quelques touches de dérision mal venues
  • Un charme qui divise les spectateurs
  • Victime de la péjoration de certaines œuvres du cinéma français
  • Une américanisation (The Haunting of Hill House) copiée
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About author
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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

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