0

Hellraiser

HellraiserHellraiser le pacte est une épingle en or dans la botte de foin du cinéma d’horreur. Réalisé par Clive Barker et adapté de son roman, le film est sorti en 1987 au cinéma. Nous sommes tous piqués de nostalgie par Pinhead ce que le 7 e Art fut à l’époque à la pointe de l’horreur.  Cousu dans son rôle d’acteur, Doug Bradley a su mettre sa pierre à l’édifice, ce qui s’est étendu sur une saga de huit films. 

Hellraiser le pacte : « Frank Cotton, un homme en quête de plaisirs inconnus, fait l’acquisition d’une mystérieuse boîte. Il y découvre un enfer rempli de souffrance et de plaisir… Plus tard, son frère vient emménager dans la maison de Frank. Pendant le déménagement, une simple coupure et des gouttes de sang sur le plancher réussiront à ramener Frank à la vie. Sous la forme d’un cadavre, il va forcer sa belle-sœur à lui amener des victimes dans le but de se régénérer. Mais les diaboliques cénobites, maîtres des souffrances de l’enfer, vont très vite se rendre compte de la résurrection de Frank » (Source : Wikipédia

Hellraiser : Ouvrez la boite et nous viendront

La boite

Solide platon

Polygone régulier

Ce puzzle réside en fait dans sa symbolique : le cube d’abord prisme de lumières dans la Grèce Antique et de par justement son allégorie, est désormais dans le film, un casse tête sous forme de clé dimensionnelle. Cet objet emblématique n’est uniquement qu’une « minable » porte par laquelle les enfers se glissent par les égouts afin d’atteindre et de signer un pacte avec des mortels. Le film démontre que l’objet réagit à son porteur ; d’une part il peut être fantaisiste et magique avec ses lumières rosées teintées et d’autre part, une réelle expérience à vivre dans le but de découvrir le secret enchaîné de la chair. Cette boite est une énigme à elle seule et dotée d’une puissance fortement orientée alchimie et occulte. Un savoureux montage type animatronique ciselé il y a quelques siècles par un créateur de jouets : Y-voyez vous un hasard ? Le hasard peut exister en enfer mais certainement pas la chance ! D’ailleurs l’origine grecque mot mot cube vient de Kubos qui signifie littéralement « dé à jouer ».

le Pacte : Pas de larmes s’il vous plaît, c’est un gaspillage de souffrances

Hellraiser

Le concept empirique réside ici dans la possibilité d’initier ceux qui pensent tout avoir expérimenter. Or, ce n’est pas le cas. Par un malheureux hasard Frank parvient à s’en échapper grâce à l’hémoglobine laissée par son frère aîné. C’est ainsi qu’il a besoin de chair afin de se reconstituer une peau, que dire, une apparence humaine viable. Pinhead, le maître des cénobites lui fait bien comprendre son « pêché » et qu’il devra alors revivre les joies de la torture sous l’intervention de sa nièce.

Clive Barker doit être féru d’antiquité : outre la symbolique de Platon qui veut qu’un cube soit éminemment réduit au symbole tridimensionnel du monde monde matériel,  le prisme qui décompose la lumière en plusieurs rayons colorés est par conséquent son antonyme. Une sorte d’Arc-en-ciel presque ténébreux.

Revenons  à la boite et notamment parlons de Platon : est appelé solide de Platon, une figure de géométrie euclidienne qui se caractérise par un polyèdre régulier ou convexe. Et hormis son symbole fortement alchimique et philosophique, les solides de Platon peuvent arborer diverses formes basées sur le polyèdre. Tout comme la mystérieuse boite, rappelons à la croisée de Platon et de Clive Barker, ceci est une clé tri dimensionnelle : Les solides de Platon peuvent être soit pyramidaux (Tétraèdre), soit cubique (Hexaèdre) ou encore doublement pyramidaux, opposés par leur base commune (Octaèdre).

Ange ou démon ?

Kysrty

Pinhead soumet cette question implicite à l’héroïne lorsque cette dernière lui pose son interrogation au préalable : « Qui êtes-vous ? ». Pinhead lui rétorque bien Anges pour certains et démons pour d’autres. Malgré les babioles religieuses qui traînent dans la vieille bâtisse laissées par la dame âgée, nous entrons dans un monde où Dieu est ici une fiction de pacotille et où les cénobites sont bel et bien réels. Peut-on ainsi dire que ces derniers sont des démons issus de l’enfer si Dieu n’existe pas ? Voilà ici notre principal questionnement à l’aspect « théologique » du film.  Alors le retour de l’oncle  de l’héroïne fait-il de Frank un damné ?

Qui sont alors les cénobites ? des pionniers de l’expérience d’un autre temps et immortels ou bien encore des serviteurs du diable ? Le mot cénobite vient du grec ancien « anachorètes » ou « qui s’est retiré du monde ». Autrement dit : Moine errant retiré de la vie sociale et séculière par rapport à des choix religieux, dans le but d’avoir une existence ascétique (discipline dont la volonté repose sur la croyance que le corps et l’esprit tendent vers une certaine perfection, d’où la voie de l’abnégation) et des prières à l’Eucharistie. (Sacrement chrétien). Ils avaient l’obligation de se soumettre à un rite de funérailles, après quoi, ils étaient considérés comme « morts au monde » ou sorte de « saints vivants ».

Conclusion en enfer : nous sommes prêts

Julia

Nous sommes recouverts de sang à l’idée d’ouvrir cette fameuse boite un peu semblable à celle de Pandore ! D’où viennent ces chaînes ? Doit-on envisager un pacte ? Nous qui pensons avoir tout connu mais nous nous trompons fortement et si Frank s’était posé exactement les mêmes interrogations ? 

Rien à redire sinon que le film de 1987 touche la perfection de l’art horrifique. Kentaro Miura (Berserk) s’est lui même inspiré de Clive Barker comme tant d’autres avant lui. 

8.0

Author's rating

Overall rating

Réalisation
9.0
Histoire
7.0
Performance des acteurs
8.0
VF
7.0
Note Globale
8.0
The good
  • La complexité du mécanisme de la boite
  • Des références religieuses anciennes
  • Une direction artistique presque parfaite
  • Une Réalisation impeccable
  • Des acteurs convaincants
  • Un scénario qui tient la route (Clive Barker)
  • Un héritage certain
  • Une valeur sûre du cinéma d'horreur
The bad
  • Des effets spéciaux non à la pointe de l'époque
  • Un film qui a mal vieillit
(Visited 34 times, 1 visits today)
About author
Avatar

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

Your email address will not be published. Required fields are marked *