1

 

Dracula

Dès l’épisode 1, Dracula se présente comme un plagiat grotesque de l’oeuvre de Francis Ford Coppola. (1993) Les clins d’œils que dire, les références nettes n’en finissent pas : la copie exacte du portrait de Mina, le jeu d’acteur de Dracula ou Conte Drakul avec son accent atypique, puis nous avons le double reflet dans le miroir avec un vampire aliéné par le temps et un autre semblable qui a vite fait de signer son achat de l’abbaye de Carfax. Focus d’après un clip des Inconnus (parodie) sur une série TV signée Netflix. Attention cette critique peut contenir des spoilers. 

A travers un humour mâché, Dracula se resitue très exactement en Transylvanie au cours de l’époque Victorienne. Ce denier, terré dans son immense demeure, convoite l’abbaye de Carfax afin de s’établir à Londres. Inspirée du livre de 1897 de Bram Stoker, cette version 2020 se révèle être un parallèle “pamphlet” de la version initiale. Sous sa cape satirique, Dracula devient alors comique voire cynique et cela délicieusement face à la descendance Hellsing.

Dracula, Coppola Vs Netflix ou détails du roman ?

Dracula

Edité au 3 janvier 2020, réalisée par Steven Moffat et Mark Gatiss, seul l’humour de Sherlock semble re-transparaître. Alors que le livre de Bram Stoker met en exacerbe des savants comme alias Van Hellsing (Sean Connery), ici il s’agit d’une femme. Pourquoi ??? Seul le réalisateur en a la réponse. Cependant l’intrigue bien que ayant du mal à démarrer présente tous les symptômes d’une oeuvre inachevée ou alors on peut même parler de syndrome de la page blanche. (Ce phénomène peut être dû à la volonté tellement grande de faire une œuvre parfaite, que toute idée qui vient à l’esprit de l’auteur lui paraît systématiquement mauvaise, de telle sorte qu’il devient alors impossible pour lui de commencer ou de compléter son œuvre). Une Chute dégueulasse digne de notre réalité que nous ne chérissons pas ou que nous aimerions oublier.

Les points frappants entre la version de Coppola niveau esthétique et la version de Steven Moffat et Mark Gatiss sont de l’ordre du plagiat et rien d’autre. C’est tout bonnement Bram Stocker qui se retournerait dans sa tombe s’il constatait ce qu’on avait fait de son oeuvre et le mythe de Vlad Tepes envolé. Ceci est sans encombre un échec visuel, une poésie au vide, comment a-t-on pu laissé faire cela ? Un mystère clé de Netflix qui choisit quoi signer … N’oublions pas 1992, n’oublions pas cette beauté éternelle comprenant les meilleurs acteurs possibles de l’époque (même encore de nos jours hélas). Comment Netflix a-t-il pu laisser faire une chose pareille ? Claes Bang ne sait absolument pas jouer ! Il fait vieillot par rapport au chef d’oeuvre de Copppola et s’incline force d’infériorité ! Pourquoi !? Parce que –  autre sujet, nous souffrons de consommation frénétique- et par conséquent, notre épicurisme insatiable nous pousse vers de la consommation de troquet de troisième classe. Sans oublier que Dracula de Coppola admirablement illustré musicalement d’une part et agréablement orné de jeux sur les ombres d’autre part, se compacte à la faille sismique continental Dracula 2020 par Netflix. Même cet humour froid et pas plus accueillant que l’ouverture d’une porte rouillée vous fait comprendre définitivement qu’il vaut mieux s’abstenir aux récits connus : Entretien avec un vampire en est un parfait exemple.

Au jeu du chat et de la souris

Dracula

Une chose est clair, cette première série Dracula de la décennie n’est pas pour les puristes, ou les amoureux du mythe des Vampires. Si vous affectionnez les romans de Stocker, vous aurez sans doute les crocs face au Dracula de Steven Moffat. Un monstre des Carpates assez caricatural, visiblement plus inspiré par les films de Bela Lugosi que par le reste. Parfois parodique, parfois comédie, mais surtout stéréotypée du début a la fin, Dracula en mini-série se base sur les échanges épistolaires du roman originel pour téléporter l’histoire du Dragon transylvanien jusqu’à notre siècle. ; Oui, vous lisez bien jusqu’à notre siècle.

 

 

Malade, je suis complètement malade

Dracula

Si l’on pensait (a tord) à son début que la série se concentrerait sur l’attrait de Dracula, sa bestialité, l’humanité, ou le désir, ainsi que la foi et la damnation, on comprend très vite que la série se veut comme une relecture de la vie contre la mort, plus particulièrement la peur de la mort. Ni plus ni moins, avec un peu de gore gratuit, pour le plaisir hein.

Si le récit originel questionnait ouvertement la modernité et la science à l’heure de la révolution industrielle, de la nouvelle médecine et d’une société qui change beaucoup plus vite notamment grâce aux découvertes comme l’électricité ou les machines à vapeur, jusqu’au cinématographe, dans notre siècle, Dracula passe complètement à côté de ces sujets pourtant si importants.

Dracula rate aussi son coche scénaristique : C’est un mélange ! Parfois comédie, parfois nanar gore et pittoresque, souvent lassante, la série que les showrunners voulaient certainement comme un mélange de genres, flirte avec la limite de la pastiche. C’est leur vision du mythe du vampire peut-être.

Bande Annonce Oops !

Bande Annonce !

Conclusion : On te le sucera jusqu’au fond

Dracula vampire

Notre note sévère n’est là qu’en résultante objective de l’oeuvre : Nous avons retourner celle-ci puis la tourner, elle demeure un échec total sans appel de suite. Une cuisante déception qui divisera la communauté des fans du genre une fois pour toute : Nous avons choisi le camp de ceux qui n’adhèrent pas à cette réalisation ! 

Maj 10/01/20 :  Sur les supports de communication et de classification de l’oeuvre, il s’agirait d’une adaptation du roman de 1897 de Bram Stoker. Alors qu’en réalité, il s’agit plutôt de la parodie du film de Francis Ford coppola établit en 1992. Avec éventuellement des clins d’œils à “Entretien avec un vampire” adapté du célébrissime roman d’Anne Rice.

Si la photographie de la série est remarquable et stylisée le voyage en lui-même est malheureusement peu satisfaisant. C’est bien dommage, car quand on connait le talent du duo Gatiss/Moffat, on sait qu’on aurait pu assister à quelque chose de merveilleux. Nous avons tout de même l’impression d’un standard imposé par Netflix qui brida le talent du duo de réalisation.

 

4.5

Author's rating

Overall rating

Histoire
4.0
Scénario
5.0
Respect de l'oeuvre
2.0
Jeux d'acteurs
4.0
Etat Global
4.5
The good
  • La photographie
The bad
  • Le vilain plagiat
  • Le non respect de l'oeuvre
  • Les acteurs plutôt moyen
  • aucune véritable surprise
(Visited 94 times, 1 visits today)
About author
Avatar

Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde

Your email address will not be published. Required fields are marked *