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serial mother

SerialFamille parfaiteSerial Mother est la meilleure satire de la société puritaine américaine de tous les temps. Cette merveille réalisée d’un bout à l’autre par John Waters bat tous les Scary Movie ou autres comédies horrifiques à plate couture (Sauf Evil Dead peut-être). Cette réalisation est devenue après sa sortie, une référence pour pas mal d’autres films d’horreur, notamment les slasher. Distribué dans les salles françaises par UGC le 25 mai 1994, cette comédie aux allures burlesques a été un succès au box-office. 

policeConversationsY a comme une odeur qui nous traîne les naseaux vers la cuisine de maman ! Ça sent drôlement bon ! Comme dixit l’expression populaire « On va s’en mettre plein la panse ». Arrêtez de penser ! La carne s’incarne en notre sainte Mother Slasher. Matrone du slash cooking fait maison … ! Beverly Sutphin (Kathleen Turner) est la mère de famille parfaite et l’incarnation même de la douceur. Avenante, souriante, elle est un modèle pour tous ceux qui l’entourent ; jusqu’au jour où elle finit par dérailler au bord de l’agacement. Tantôt Untel qui critique sa famille, tantôt tel qui ose braver la sainte église, Beverly se met soudainement à graver les noms sur la pierre tombale de quiconque ose défier l’image de ses proches, elle devient « Serial Mother ». 

Serial Mother en kit, la notice de montage

WCcui cuiDans Serial Mother, contrairement aux idées reçues, le personnage incarné par Kathleen Turner n’est pas du tout inspiré d’une histoire vraie comme l’annonce le film. John Waters a en effet déclaré dans plusieurs interviews de l’époque que Beverly Sutphin est en réalité une dédicace de sa propre mère. Autre point important, le titre culte n’est pas à proprement parler, un slasher (malgré ce que l’affiche montre). Le projet de film indépendant scénarisé par John Waters aura inspiré de nombreux autres films comme Vorace (1999) en lien avec la scène sur le repas des soldats de début ou encore Scream 2 (1997) par rapport à la scène dans les toilettes.

MamanVolantPar ailleurs au-delà de la protagoniste doublement star du scénario et du film, le casting réunit des visages qui vous sembleront familiers: Sam Waterston (New-York District) dans la peau d’Eugène, Matthew Lillard incarne Chip (13 Fantômes) et Ricki Lake dans Missy (Buffy contre les vampires, le film). Parmi la distribution des rôles secondaires, on pourra remarquer la présence de l’acteur Justin Whalin (Loïs et Clark) et Suzanne Somers (Notre belle famille) dans le rôle de Suzanne Somers ! Du côté de la composition musicale, on note bien en gras sur notre pense-bête le nom de Basil Poledouris (Starship Troopers) qui l’a instrumenté à la perfection. Nominé au Festival de Cannes en 1994 (47 e édition) dans la catégorie des longs métrages hors compétition, l’œuvre ne s’est hélas pas trop faite remarquer. Cette nomination a eu lieu la fameuse année où Quentin Tarantino a obtenu la Palme d’Or avec Pulp Fiction.

A vos steaks, prêts ? coupez !

CiseauxPrêtreLe profil de la plupart des tueurs en série s’apparente plutôt au développement de troubles psychologiques remontant souvent à l’enfance. Beverly est-elle une authentique serial killer ? Pas vraiment. Et pourtant tous les clins d’œil dans le déroulement de l’histoire (notamment une cassette audio de Ted Bundy qui s’adresse à la mère de famille) à la culture des criminels en saga font tout pour lui en donner les apparences. Nous pouvons également y ajouter le fameux faux argument de l’histoire vraie et le tour est joué ! Autrement dit, pour quelle raison une femme au foyer apparemment épanouie aurait le souhait de zigouiller les personnes qui lui déplaise ?

Chien K7SerialIl n’y a donc ici aucun véritable mobil et aucune logique. Ce point constitue en effet le seul aspect négatif du titre. Si l’on poursuit ce simple raisonnement, Beverly s’apparente donc davantage à une meurtrière passionnelle plutôt qu’à une tueuse en série. La preuve la plus évidente est sans aucun doute le fait que le choix de ses victimes ne suit aucun schéma. Pourtant le personnage en plus de souffrir d’accès d’hystérie, a aussi des troubles obsessionnels, une sorte d’allergie mentale épidermique à certains « tics » qui vont tout simplement à l’encontre des bonnes mœurs de la société « saine ». Néanmoins selon ce que Beverly s’imagine comme idéal dans sa réflexion et ses rêves.

Happy Serial Mother’s day

SerialarmadaLe film se décompose en trois parties: l’émergence de Beverly (elle commence par harceler sa voisine), la danse sanglante (elle tue et se fait poursuivre par une armada policière) et enfin son procès. Nous avons abordé les deux premières parties, ainsi nous maintenant nous concentrer sur le grand final. Reprenons la base du travail des enquêteurs assez basiques: relevé et comparaisons des empreintes sur les armes du crime et sur les livres savoureux de madame Sutphin. Une fois que la police a eu confirmation que le meurtrier est bel et bien leur unique suspecte, les inspecteurs essaient de l’arrêter mais c’est hélas trop tard !

We winCélébritéJusqu’à la fin du film, elle a su cacher la vérité et lors de son propre procès où elle assure elle-même sa défense. Elle parvient à convaincre le jury de son innocence. Elle se sert de sa nouvelle célébrité et du manque de crédibilité des témoins appelés à la barre pour appuyer sa défense. Même sa famille tombe dans le panneau. Petite parenthèse ici, une des scènes du tribunal est une référence directe au film Basic Instinct sorti en 1992. (Vous comprendrez tout seul pourquoi !) Bref, à vous de vous faire votre propre opinion !

Conclusion à coups de gigot

jurywineuseQuintessence du féminisme américain, il est fort dommage que l’opus n’a pas eu son heure de gloire sur le nouveau continent. Cependant, envers et contre tout Serial Mom – de son titre original – s’est créée son public dédié au fil des années. 

Toutefois le film a connu un immense succès sur le territoire français. En attendant, peut-être un jour venu, un éventuel remake à la hauteur de l’original.

Toutes les captures d’écran appartiennent à ©Savoy Pictures, 1994 (Universal Studios)
9.0

Author's rating

Overall rating

Scénario
8.0
Réalisation
10.0
Humour
9.0
Performance des acteurs
9.0
Note Globale
9.0
The good
  • Un troisième degrés exceptionnel
  • La bande sonore signée Basil Poledouris
  • De nombreux clins d'œil à des tueurs en série
  • Une version de 1994 parfaitement remastérisée
  • Un classique des années 1990
  • La prestation déjantée de Katelyn Turner
  • Une réalisation soignée dans sa globalité
  • Un savant mélange thriller et comédie horrifique
  • Satire sur la société puritaine des Etats-Unis
The bad
  • Une logique qui n'est pas au rendez-vous
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About author
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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde