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Rares sont ceux n’ayant pas vu le film « Battle Royale », sorti en 2000, et encore plus ceux ne l’ayant pas apprécié. La suite demeure sujette à quelques débats, mais sa critique le Fossoyeur de Films reste un bel hommage. L’œuvre est tirée du roman de Kôshun Takami, publié en 1999. Outre sa suite « Battle Royale : Requiem », il existe aussi deux séries en manga « Battle Royale » et « Blitz Royale », adaptation des films 1 et 2, sans oublier un jeu vidéo.

Battle Royale : le film

Film, Battle RoyaleBien que génial, le film a prit de nombreuses libertés face au roman, la plus importante étant d’omettre le background de ce survival game réel. Un deuxième point, plus horrifique encore, c’est qu’il ne s’agit pas d’une classe de lycéens en terminale, mais des collégiens en 3ème ! De plus, ce n’est pas une des « pires classes » qui se fait punir, mais bien un aléa complet chaque année.

Ceci dit, l’adaptation reste fidèle dans ses grandes lignes, même si le rôle de certains personnages ont été totalement transformé (comme Kiriyama, le « boss » de fin), sa mentalité demeure la même. Il faut d’ailleurs savoir qu’il n’y a pas de volontaires et que tous font partis de la même classe et se connaissent parfois depuis des années ! Quant à Kawada, l’ancien survivant, ce n’est malheureusement qu’un pur hasard s’il se retrouve à nouveau dans la partie. Parlant de fin, celle du film diffère là encore du livre mais le message est respecté. Dernier petit point sur l’histoire d’amour entre Shûya et Noriko, elle a subit une modification romantique, probablement pour contre balancé l’horreur.

D’ailleurs, cette romance, sorte de fil rouge tout au long du film, est un pilier pour le deuxième opus. Entre ça et la « haine » des adultes, on aurait parfois l’impression de regarder un film « Bisounours » à la « Saw ». Et c’est là que tout le background est essentielle ! Car le Battle Royale n’est pas qu’un survival game punitif, ni un simple récolteur de données. De plus, et c’est aussi l’avantage du manga, dans le livre nous suivons pratiquement tout le monde, ne serait-ce qu’un peu au moment de leur mort. La profondeur des personnages est bien plus creusée et, de ce fait, bouleversante.

PS : Le générique de fin est signé Dragon Ash… Mais si vous les connaissez !! Ils sont les auteurs de « Trigger » la chanson thème de Resident Evil: Revelations !!

Battle Royale : les dessous

Film, Battle RoyalePour ceux ayant déjà vu le film comme pour ceux souhaitant le voir, voici un petit résumé du background. Il vous permettra de mieux apprécier le film, et pourquoi pas le deuxième opus, qui ne manque pas de charme, quoi qu’on en dise.

Bien que l’année ne soit pas explicitement donnée, l’ensemble donne une impression très contemporaine. Le jeu se déroulerait donc au début des années 2000, mais dans un univers alternatif. Si vous avez certaines connaissances quant à l’histoire du Japon, vous devriez connaître l’étendu de son territoire après la Première Guerre. La République d’Extrême Orient, en guerre froide avec les États-Unis, ferait penser à un univers où le Japon n’aurait pas perdu la Seconde Guerre. Toutefois, sa politique aurait changé, plausiblement suite à un putsch, juste à la fin de la guerre. Comme repère, l’existence du Battle Royale, crée en 1947.

Bien que d’apparence riche, le pouvoir y est totalement corrompu et la société souffre du totalitarisme et de la corruption. De nos jours, on pourrait très facilement transposer le scénario à la Corée du Nord d’ailleurs. Les libertés et droits de l’homme bafoués, le Battle Royale permet de maintenir un niveau de peur, mais surtout, de perte de confiance envers son prochain, évitant ainsi toutes les possibles révoltes.

Cette révolte, c’est principalement avec Kawada et Mimura qu’on la découvre. D’ailleurs, Shûya et Noriko, présentés comme principal protagonistes dans le film, n’avaient pour but que de fuir aux USA ! Par contre, à l’instar des résistants durant la Seconde Guerre, il y a déjà des réseaux de personnes qui tentent, non pas forcément de reprendre le pouvoir, mais de garder certaines libertés, même si c’est illégal.

Parlant de Shûya, une chose importante, autant à son sujet que sur la société, c’est qu’il a grandi dans un orphelinat. Ce point, pour le film est assez inutile, cependant, pour comprendre sa mentalité, et le processus menant jusqu’à son désir de révolution, reste très important.
Autre détails transformé par le film mais dévoilant la gangrène qui ronge le pays, c’est le rôle du professeur principal. On a tous adoré détester Takeshi Kitano, mais en réalité il remplace le vrai professeur principal, mort pour ne pas avoir voulu laisser sa classe partir à l’abattoir.

La suite, avec une autre vision

Pour « Battle Royale : Requiem », souvent critiqué, on change de registre. Le film prend une tout autre ampleur lorsque l’on connait tout ce que cette nouvelle partie implique. En effet, le survival game est une pierre angulaire pour contrôler la masse. Mais cela en faisant des expériences d’armement grandeur nature. La révolte de Shûya et Noriko pourrait mettre en péril des années de dictature cachée,  pour un pays qui ne se développe que grâce à la peur et aux privations de libertés. Notamment à l’air d’internet, il symbolise la jeunesse qui n’a plus rien à perdre et peut facilement pirater un ordinateur afin de découvrir ce qu’il se passe réellement dans les autres pays, sans la censure ni la propagande.

Le fait d’envoyer l’armée, en plus d’une nouvelle classe est loin d’être stupide, au contraire. En agissant ainsi, la République assure ses positions quant à la continuité du Battle Royale. De plus, elle met en place un nouveau système de colliers fonctionnant par pair, évitant ainsi les risques de fuites. De plus, cela accélére le processus de tuerie, les élèves étant plus proches. Quant à l’armée, elle demeure un moyen de médiatiser sa force auprès des citoyens. Et ce, tout en empêchant la nouvelle classe d’essayer de se rebeller! De grand moyen pour un message fort : « Aucune possibilité de révolte ».

Conclusion

Les films méritent que l’on s’intéresse à eux, autant le premier que le deuxième opus. Toutefois, ils ont choisi de se consacrer uniquement à un héros, façon film américain. Ils ont ainsi occulté tout le contexte et son horreur. Le film se consacre d’ailleurs beaucoup plus au gore que le roman en lui-même, pourtant bien détaillé! Son impact se retrouve de ce fait amoindri. Autant à cause de l’âge des élèves, plus âgés, que la coupure nette entre les combats et la réalité. Petit point de comparaison qui marque toute la différence mais aussi l’ampleur psychologique « négligé » : le début du Battle Royale.

Lorsque les élèves se réveillent, c’est la panique totale et ils tentent de fuir. Dans le roman, ils se réveillent dans une classe, chacun à sa place et personne ne bronche. (Enfin, presque!) Cet aspect se retrouve néanmoins dans le manga, notamment grâce aux flashback des personnages. L’œuvre a tout de même réussi à marquer les esprits, même 20 ans plus tard !

Petit fun fact

Pour nos amis rôlistes, et ayant personnellement fait une partie… « Battle Royale » en jeu, c’est juste super fun ! Et vous ne verrez plus vos amis de la même manière !!

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Malya

Maman de deux enfants, passionnée par le Japon et sa culture. Je travaille aussi au Manga Café Kyo'Hon (qui se trouve à Béziers), d'où mes articles sur le sujet!