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Arme du crime : Marlin 336 C de calibre 35

Affaire Amityville : Ronald DeFeo Jr. a succombé le 12 mars 2021 à l’âge de 69 ans dans l’hôpital d’Albany. Se trouvant à environ 150 km de son lieu de détention, le pénitencier n’a pas fourni d’information au sujet de son hospitalisation et n’a officialisé son décès que le 15 mars 2021 (Source publiée par CNN via WABC).

Attention certains contenus de cet article peuvent choquer, âmes sensibles s’abstenir.

 

Affaire Amityville : Horreur au 112 Ocean Avenue

La nuit du 13 novembre 1974

« Tout a commencé si vite. Une fois que j’ai commencé, je ne pouvais plus m’arrêter. C’est allé si vite. »

rapport de déposition

Plainte et rapport d’enquête de la police du comté d’Amityville

Que s’est-il passé aux alentours de 3h15 dans la nuit du 13 novembre 1974 dans la demeure d’Amityville ? La police a bien retrouvé les douilles du fusil ainsi que des munitions dans la chambre de Ronald Jr. Ce qui correspondait à l’arme du crime, une carabine modèle Marlin 336C d’un calibre 35 (Remington). Selon les premières analyses du terrain, un seul à plusieurs coups fatals ont été portés à chaque membre de la famille DeFeo. A 3h15 du matin, Ronald Jr. se saisit ainsi de sa carabine chargée et se rend au troisième étage de sa maison. Il tue d’abord ses parents, puis ses frères et sœurs : John, Marc suivi d’Allison et Dawn. Le rapport balistique a démontré que les coups ont été tirés à bout portant pour les frères et sœurs.

C’est un dénommé Yeswit qui signale les meurtres à la police de Suffolk. Le renseignement est par ailleurs directement transmis au département compétent d’Amytiville. Dix minutes plus tard, l’affaire est confiée à l’agent Kenneth Greguski, qui se rend sur place. Par conséquent, après les macabres découvertes, Ronald DeFeo Jr. est arrêté. Sur le moment, interrogé par L’inspecteur Gasper Randazzo, il ne reconnaît pas ses actes. En effet, il accuse Louis Falini, un tueur à gage connu de la mafia. Placé en détention préventive, « the Butch » (de son nouveau surnom) reconnaît les faits le lendemain lors de son entretien avec le détective Dennis Rafferty : « Tout a commencé si vite. Une fois que j’ai commencé, je ne pouvais plus m’arrêter. C’est allé si vite. »

Une investigation délicate

Circonstances de la découverte

« S’il vous plaît ! Il faut que vous m’aidiez ! Je crois que ma mère et mon père sont morts ! »

Après les tueries au 112 Ocean Avenue, Ronald s’est rendu à quelques rues de là, dans un lieu appelé « Henry’s Bar » et s’est donc mis à crier devant tout le monde : « S’il vous plaît ! Il faut que vous m’aidiez ! Je crois que ma mère et mon père sont morts ! ». Par conséquent, Joey Yeswit se trouvant en compagnie de Robert Bobby Kelske, John Altieri, Al Saxton et William Scordmaglia se rendent au domicile des DeFeo. La porte de la résidence étant déverrouillée, la bande d’amis de Ronald ont investi les lieux. C’est Joey Yeswit qui appelle alors les services de police à 18h35 suite au constat des dépouilles de la famille DeFeo.

Selon les premières observations de la police dépêchée sur place, les victimes (Ronald Sr. 43 ans, Louise 42 ans, John 7 ans, Mark 12 ans, Allison 13 ans et Dawn 18 ans) ont été abattues durant leur sommeil. Comment Ronald équipé d’une carabine chargée de calibre 35 a-t-il réussi à tuer de sang-froid toute sa famille pendant qu’ils dormaient paisiblement ?

Un mobile incompréhensible, de nombreuses questions soulevées

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Plan du second étage

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Plan du troisième étage

Voici en premier lieu les reconstitutions schématisées ci-contre de la scène de crime provenant du site Amityvillefiles. Le 14 novembre 1974, Ronald avoue donc ses crimes. Son mobile est pour le moins étrange : il prétend en effet avoir été possédé et poussé à commettre ces horreurs par une entité qu’il nomme « le Diable ». L’affaire prend alors une tournure quelque peu étonnante. Il ne fait aucun doute quant à la culpabilité de Ronald Jr. mais reprenons la question posée à la fin du dernier paragraphe : Comment Ronald équipé d’une carabine chargée de calibre 35 a-t-il réussi à tuer de sang-froid toute sa famille pendant qu’ils dormaient paisiblement ?

Le rapport toxicologique (Voir plus bas l’article paru le 17 novembre dans le New York Times, paragraphe : Quand le mystère creuse un trou avec la vérité) a montré en premier lieu que la famille DeFeo n’a pas été droguée. En outre, le voisinage n’a rien entendu !

Ci-dessous une démonstration vidéo montrant le bruit émis par une carabine identique à celle retrouvée sur les lieux du crime :

En second lieu, les autopsies de chaque victime (menées par le docteur Howard C. Edelman) ont révélé que deux tirs ont touché les parents contre un seul coup pour les frères et sœurs. Après une expertise poussée, la maison était bien insonorisée à l’époque, ce qui explique que le voisinage n’a rien pu entendre. De surcroît, Ronald Jr. avait l’habitude de regarder le poste de télévision avec le son au maximum : il est possible que le son était à fond le soir des meurtres ; ceci pourrait répondre à l’interrogation posée quelques lignes plus haut. Une autre question s’annonce alors : Pour quelle raison Ronald a-t-il abattu sa famille ?

Profil de la famille DeFeo

Sept à la maison, bienvenue à High Hopes

Maison en 1965

Domaine en 1973

Defeo

La famille DeFeo immortalisée avant l’évènement tragique

Concernant l’affaire, la police a ouvert une enquête afin de déterminer pourquoi Ronald a massacré l’intégralité de sa famille ?. Courant 1965, La famille DeFeo devient propriétaire de la résidence du 112 Ocean avenue. Le père de famille, un homme sans histoire, est alors directeur général de l’entreprise familiale la Brigante-Karl Buick Concession basée à Brooklyn. Quant à l’aîné, Ronald Joseph, son comportement devient inquiétant dès que ses proches emménagent dans leur nouveau foyer. Les disputes entre paternel et fils débutent et tendent à devenir progressivement violentes les mois durant.

Père et fils

Ronald Joseph Jr. et Ronald Sr.

Dawn

Dawn

On sait peu de choses par rapport aux autres membres de la famille : la mère (Louise Brigante) est une femme au tempérament doux tout comme sa fille, Allison. Cependant une rumeur concernant la mère a couru selon laquelle cette dernière aurait eu une infidélité et que le mari était en réalité un homme agressif. Rien de tout ceci n’a jamais été confirmé ou prouvé. Le jeune Mark avait un penchant pour la violence, il se querellait souvent avec son petit frère, John Matthew.

Ronald Jr. avait une nette passion pour les armes à feu en tout genre, la drogue (Héroïne et LSD) et toutes les émissions axées sur des thématiques virulentes. Dawn, quant à elle, était connue de l’église locale comme une fille  pieuse. Or, les rapports incestueux entre Dawn et Ronald Jr. semblaient se répéter.

On ne peut que raisonner sans trouver l’ombre d’une explication

macarabre découverte affaire

Constat insoutenable du carnage familial : une fin tragique

Affaire

Entrée du condamné dans la prison de Green Haven à Beekman

Le multiple homicide perpétré par Ronald Joseph Jr. DeFeo révèle tout d’abord un incroyable manque d’empathie. Homme de main de la mafia new-yorkaise, il possédait tous les attraits d’un tueur froid, qui ne connaissait ni la pitié, ni l’amour. Sa culpabilité ne fait aucun doute.Peut-être aurait-il pu purger ses pulsions sanglantes en allant tout simplement pratiquer une activité sportive ?  Bref, quel que soit le point de vue, il a fini ses jours derrière les barreaux.

Son procès a lieu un 4 décembre 1975, c’est le juge Thomas Stark qui prononce sa peine ; 25 ans de prison ferme jusqu’à perpétuité. Bien que la défense a plaidé la folie, l’analyse psychiatrique a desservie le suspect, qui s’est retrouvé ainsi écroué. L’affaire Amityville sera-t-elle résolue un jour ?

« Canonisation » tristement célèbre de Butch

Quand Le mystère creuse un trou avec la vérité

new york times

Article de l’entrevue du 17 novembre

L’affaire a été classée fin 1975 laissant planer le doute dans de nombreux esprits. Le 17 novembre de la même année, le journaliste Pranay Gupte du New York Times a eu un entretien avec le médecin légiste chargé des autopsies. La publication de l’article révèle des vérités troublantes mais peut-être pas … En effet, Ronald Joseph a confié à la police, avoir administré de fortes doses de barbituriques : ce médicament agit comme un anti-dépresseur, ses effets variant de la sédation à la paralysie suivant la posologie. Cette information divulguée par le fils aîné pourrait rationaliser le déroulement des tragiques évènements survenus dans la nuit du 13 novembre 1974.

Pourquoi Le médecin légiste,Howard C. Edelman, n’a pas confirmé les dires du meurtrier ? Même si le docteur a d’abord reconnu que : « La drogue est une théorie plausible […] Je ne sais pas comment ils pouvaient être silencieux au moment de la fusillade […] C’est tout de même étrange que les corps avaient exactement la même position lors de leur découverte. » MAIS déclare cependant :  « Les tests ont démontré qu’il y avait un long délai entre le moment où ils ont mangé et le moment où ils ont trouvé la mort. »

De surcroît, il ajoute un fait pertinent : « Au moins cinq voisins ont signalé cet après-midi qu’ils avaient entendu Shaggy, le chien de berger de la famille Defeo, aboyer dans la nuit de mardi à mercredi et qu’ils n’y avaient pas prêté attention car Shaggy a la réputation d’être bruyant en dehors des heures de travail. » Il termine l’interview avec ces mots : « M. Defeo, qui était sous le coup d’un contrôle spécial des stupéfiants, a subi 15 analyses d’urine entre juin et octobre derniers et deux de ces analyses ont révélé des traces de quinine. La quinine est utilisée comme base dans la préparation de l’héroïne. »

Quand le trou se transforme en fossé

Lutz

La Famille Lutz au complet

Amityville 1979

Film sorti en 1979

La maison est mise en vente après l’audience préliminaire du 22 septembre 1975. Les nouveaux acquéreurs ne se font pas attendre puisque la propriété est vendue quelques mois plus tard. Les heureux propriétaires des lieux répondent au nom des Lutz et s’installent dans la demeure en décembre 1975. C’est alors qu’ils commencent à être témoins, selon eux, de phénomènes paranormaux. Ils décident de partager leur histoire avec le romancier Jay Hanson. En 1977, son livre est publié The Amityville Horror – A True Story. Même le couple Warren s’en mêle et mène leur propre quête pour récolter une once de preuve. Le scandale médiatique autour des Lutz les desservira puisqu’ils reconnaîtront plus tard que leur seul objectif était l’argent en diffusant d’odieux mensonges grâce aux médias.

La fiction est une araignée qui tisse sa toile sur la réalité, s’adaptant à tous les supports possibles. Par ailleurs, une série de films est sorti dès 1979 dont le premier fut intitulé Amityville : la maison du diable. Réalisé par Stuart Rosenberg, le premier film est classé à la 707 e place du meilleur score au Box-office de tous les temps dû au pactole récolté 86 432 000 $.

Ci-dessous le trailer officiel du film de 1979 avec l’affiche ci-dessus portant le slogan ironique « Par pitié, Sortez ! »

Conclusion classée sans suite

affaire

Les seuls fantômes : les touristes !

Mariage

Ronald Joseph Jr. avec son épouse

Depuis plusieurs décennies, c’est hélas le sensationnel qui fait l’audimat. « Héros ? Autrefois ils étaient souvent à la une, c’est vrai. Aujourd’hui à peine dans les faits divers. De nos jours pour faire la une, il faut être un martyr ou une victime. Ils ne retiennent votre nom que si vous êtes assez con pour aller vous asseoir sur des tonnes de dynamites. C’est ça qu’ils attendent au fond. » (Réplique du colonel Belt, S01E08, X-Files)

Or quelques années après son incarcération, Ronald Jr. DeFeo en dépit de ses actes monstrueux, a retrouvé le soupçon d’une vie normale. Il s’est d’ailleurs marié. Bien que les enquêteurs aient pensé que sa motivation fut de toucher la police d’assurance de 200 000 dollars, aucune indication ne vient corroborer cette piste.

La question émise dans le titre « Folie meurtrière ou actes prémédités ? » rejoint l’hypothèse de la préméditation avec d’une part les propos de Butch tenus lors de sa déposition et d’autre part, l’avis du docteur Howard C. Edelman sur le sujet. La possibilité que la famille a été droguée est fortement probable car elle apporte plein de réponses à des interrogations restées en suspens. Quoiqu’il en soit, le mobile restera inconnu et Ronald Jr. DeFeo a emporté ce secret avec lui dans la tombe.

 Vous pouvez également consulter notre article La maison d’Amityville encore en vente en 2020 ?

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Claire Gozen

Passionnée par l’horreur depuis l’enfance, j’ai vu mon premier film très - trop ?- jeune. Que ce soit au premier ou second degré, mon amour pour "le côté obscur" s’est étendu progressivement aux jeux vidéos (Resident Evil, Silent Hill...), aux atmosphères post-apocalyptiques ou glauques (l'incontournable HP Lovecraft) ou encore aux jeux de plateau (Les demeures de l'épouvante...). Je satisfais mes envies créatrices via la photographie Urbex, le dessin, et - accessoirement - par une dévotion totale à l'écriture d'articles sur votre site de Dark Culture préféré ! Artiste Ouverte sur le monde